Tapis pas si rouge pour les "haigui"

En Chine, le terme haigui ou tortues de mer désigne les chinois de l’étranger  revenant en Chine. Le Gouvernement déploie le tapis rouge pour faciliter le retour de ces talents dont le pays a besoin pour nourrir son développement. Mais la situation n’est pas si favorable pour tous les intéressés. Les Haigui sont aussi nombreux à découvrir que les qualifications acquises à l’étranger sont difficiles à valoriser ou marquent une trop faible différence pour leur ouvrir des opportunités comparables à celles qu’avaient connues leurs aînés.

Pour Xia Yingqi, Responsable à Pékin du «Centre des talents à l’étranger», cité par le China Daily dans son édition du 25 Juillet, «dans les années 90, lorsque ma génération de tortues de mer revenait en Chine, il s’agissait de personnes dans la quarantaine, ayant acquis une véritable expertise dans des domaines scientifiques déterminés». Par comparaison, les tortues de mer d’aujourd’hui seraient plus jeunes: jeunes diplômés d’autant plus tentés par le retour en Chine que la situation de l’emploi dans les pays occidentaux n’offre que de médiocres perspectives.

Leurs domaines de compétences seraient moins «stratégiques» au regard des besoins de la Chine: moins d’ingénieurs ou de scientifiques, plus de MBA et d’économistes. Leur potentiel serait surtout jugé moins uniformément attractif; les entreprises faisant clairement la différence entre les diplômés des meilleures institutions à l’étranger, d’ailleurs elles-même de plus en plus en concurrencées par les grandes universités chinoises, et ceux ayant suivi un cursus dans des universités de second rang.

En 2008, le gouvernement avait pourtant déployé le tapis rouge à l’intention de ses élites de l’étranger, au travers d’un plan baptisé « Plan 1000 personnes ». Ledit plan offrait des postes importants et des financements significatifs aux personnes dont les expertises présentait un intérêt particulier pour le développement du pays.Il aurait attiré plus de 1000 personnes. L’effort se poursuit aujourd’hui dans les domaines scientifiques, le gouvernement envisageant même la faisabilité du maintien de la double citoyenneté pour les intéressés. Au total, selon les sources du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale, environ 630 000 chinois de l’étranger, sur un total de 1,9 millions, seraient ainsi revenus en Chine au cours des 30 dernières années.

Pour les futurs haigui, la tentation de l'étranger reste ainsi un bon investissement, à condition de faire le bon choix en termes de filière et de privilégier les cursus les plus sélectifs. Au moment du retour, les opportunités resteront ouvertes pour les meilleurs qui pourront avec succès valoriser leur parcours à l'international, à condition toutefois, au moment du retour, de ne pas mésestimer la concurrence des diplomés chinois et de faire l'effort de se réadapter au contexte du pays.

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