Alexandre Bac, ambassadeur de la Bourgogne à Singapour

Alexandre Bac fait partie de ces quelques privilégiés qui ont saisi l’opportunité d’un VIE pour acquérir une expérience professionnelle à l’international. Pour autant, il n’en est pas, loin s’en faut, à son premier séjour à l’étranger. Arrivé à Singapour il y a 3 mois, il y est déjà parfaitement intégré et engagé dans sa mission pour le compte du Conseil Régional de Bourgogne.

 

- Le Conseil Régional de Bourgogne est un employeur un peu insolite à Singapour, pouvez-vous nous parlez de ses ambitions en Asie ?

- En effet, Le conseil Régional de Bourgogne tranche par rapport aux employeurs classiques de VIE. Il est présent à Singapour depuis 2005, pour faire la promotion de la Région sur le plan économique et touristique et favoriser les échanges avec les pays d’Asie.  C’est ma Responsable actuelle, aujourd’hui de retour en France, qui a ouvert le bureau de représentation. Au moment de la remplacer, à la fin de sa mission en Asie, le Conseil Général a apparemment voulu faire le choix de la jeunesse et recruter des VIE.

- Des VIE ?

- Le Conseil Régional de Bourgogne a en fait recruté cette année 2 VIE, l’un pour animer le bureau de représentation au Chili, l’autre pour animer celui de Singapour.

- Quelle est votre mission  à Singapour?

- Mon rôle comprend plusieurs volets. Ma première mission est d’aider les entreprises bourguignonnes à exporter en Asie et, inversement, de favoriser les investissements asiatiques en Bourgogne. Je travaille aussi à la mise en place de  partenariats entre les deux régions, par exemple avec les universités,en lien avec les sommeliers ou le Centre Européen du Goût. Je suis encore chargé de faire la promotion du tourisme en Bourgogne et d’apporter un support aux étudiants Bourguignons qui souhaitent réaliser un stage en Asie.

- Ce sont des missions très variées

- En effet, c’est ce qui fait tout l’intérêt de ma présence ici. J’avoue apprécier beaucoup la diversité des sujets sur lesquels je travaille. Mon rôle est d’aller à la rencontre de mes interlocuteurs pour tisser des relations. Je rencontre ainsi énormément de personnes dans des environnements très différents. C’est assez passionnant.

- Les personnes que vous rencontrez ne sont-elles pas étonnées d’avoir un interlocuteur aussi jeune?

- Cela peut arriver. La plupart du temps, elles n’y font pas attention. Je pense que c’est aussi l’un des aspects positifs de la région. Les gens n’hésitent pas à confier des responsabilités à des personnes relativement jeunes.

- Pourquoi la Bourgogne à Singapour ?

- La Bourgogne jouît d’une forte notoriété pour ses vins et son patrimoine culturel. C’est aussi une région très dynamique sur le plan économique, notamment dans les secteurs métallurgiques et des hautes technologies, qui veut favoriser les investissements et  jouer un rôle moteur dans les échanges internationaux. Il s’agit donc non seulement de promouvoir les activités traditionnelles, en valorisant par exemple le tourisme nature et la découverte de la Bourgogne à Vélo, mais aussi de construire en Asie l’image d’une région dynamique et ambitieuse que ce soit sur le plan industriel, agro alimentaire, culturel ou de l’éducation.

- Quelle est votre infrastructure de travail  à Singapour?

- Je suis hébergé dans le business center de la Chambre de Commerce Française. Celle-ci met en permanence à disposition des entreprises plusieurs bureaux. Parmi ceux-ci 4 sont actuellement occupés par des VIE.

- C’est important de pouvoir ainsi retrouver d’autres VIE ?

- Oui en effet. L’important n’est pas tant le bureau en lui-même, car l’enjeu est que j’y sois le moins possible. En revanche, c’est vrai que l’infrastructure de la Chambre de Commerce permet de donner un cadre. C’est sympathique de retrouver les autres VIE. Cela permet d’échanger entre nous, de nous encourager mutuellement et de plaisanter.

- Comment travaillez-vous avec la France ?

- Avant de partir à Singapour, j’ai d’abord passé un mois en formation en Bourgogne. J’ai rencontré tous les départements et fait connaissance avec les personnes avec lesquelles je travaille aujourd’hui à distance. Concrètement, nous communiquons par visioconférence et par téléphone. Nous sommes en relation constante et le fait que ma Responsable soit la personne qui avait ouvert le bureau de Singapour facilite les échanges.

- Quel a été votre parcours avant ce VIE ?

- J’ai commencé par faire un BTS de commerce international. Puis je suis entré à l’ESC Dijon Bourgogne avant de conclure par un Master à Taiwan.

- Qu’est-ce qui, dès le BTS, vous avait orienté vers l’international ?

- Je suppose que c’est, au départ, à cause de mon goût pour les langues ; et puis parce que j’avais envie de partir à l’étranger.

Dans le cadre de mes études, j’ai essayé de multiplier les expériences à l’international.  J’ai réalisé mon premier stage en Allemagne, chez Solvay dans l’import-export. J’ai poursuivi avec une mission en Tchéquie, pour le compte d’une entreprise spécialisée dans la location d’appartements de Sports d’hiver, en relation avec 2 autres étudiants. Puis j’ai fait un stage de 6 mois à Londres, au service Evènements Privés de l’hôtel Claridge’s : une expérience passionnante au contact de 11 nationalités différentes.

Entre la deuxième et la 3ème année d’études à L’ESC Dijon, j’ai opté pour une année de Césure. J’ai travaillé pendant 6 mois chez Safran comme assistant commercial export Europe de l’EST/ Afrique - Moyen Orient. J’ai ensuite rejoint une petite entreprise (Traidis) comme commercial export Europe du Nord-Benelux, où j’étais responsable d’un portefeuille clients et avais des objectifs concrets de chiffre d’affaires.

Enfin j’ai réalisé ma dernière année d’études à Taiwan – à Feng Chia University. C’était ma première expérience de l’Asie ; une expérience très stimulante. J’étais tenté de rester sur place et ai même trouvé un emploi. Mais le salaire proposé était dérisoire et je suis finalement retourné en Europe, aux Pays-Bas, pour mon stage de fin d’études, tout en gardant un œil sur l’Asie puisque j’étais en charge de la Chine, du Japon et de la Corée.

- Quelles sont vos perspectives pour l’avenir ?

- Je suis en mission VIE pour 18 à 24 mois. Au delà, j’aimerais rester en Asie. Cela dépendra des opportunités. Je ne sais pas si ce sera comme salarié ou comme entrepreneur : c’est ouvert. Je pense en tout cas privilégier le secteur de la High Tech.

- Comment envisagez-vous votre carrière et vos liens avec la France ?

- Je pense que c’est important de maintenir le lien avec la France et je m’attache à entretenir mon réseau en France. Pour le reste, je ne sais pas encore comment les choses se présenteront.

 

Photo: Hospices de Beaune, Banque de photos du Conseil Général de Bourgogne

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