Comprendre l'interculturel

 "Si tu rencontres un étranger, pour le comprendre, examine-toi"

 Confucius

Introduction

Ce tutoriel est un parcours individuel de découverte dans le domaine interculturel.

  • Comprendre la diversité culturelle
  • Se positionner
  • Développer ses compétences interculturelles

 

Il se présente sous la forme d'un kit comprenant:

  • 3 rubriques de contenu:
  • 1 glossaire et 1 forum de discussions

Cliquez sur les boutons du menu bleu (à gauche) pour aller aux sujets qui vous intéressent. Vous pouvez aussi utiliser les flèches en bas de chaque page pour avancer à la page suivante ou revenir à la précédente.

Bonne découverte!

 

Comprendre la diversité culturelle

Bienvenue dans la rubrique "comprendre la diversité culturelle"!

Cette rubrique a pour but de vous présenter les modèles de référence qui permettent d'éclairer la diversité culturelle et d'en comprendre certains éléments à partir de grilles d'analyse.

Ces modèles ont été développés respectivement par

Ces modèles ne sont ni parfaits, ni exhaustifs. Ils sont cependant fort utiles:

  • pour faire ressortir des critères de différenciation pertinents
  • pour réaliser des comparaisons entre les pays critère par critère
  • pour expliquer pourquoi certaines relations interculturelles "frottent"
  • et pour se donner les moyens de dépasser les différences

 

Bonne lecture!

Définitions

L'anthropologue Américain Kluckohn définit la Culture de la manière suivante:

«la culture est la manière de penser, de sentir et de réagir d'un groupe humain, surtout acquise et transmise par des symboles, et qui représente son identité spécifique: elle inclut les objets concrets produits par le groupe. Le cœur de la culture est constitué d'idées traditionnelles et des valeurs qui lui sont attachées»

Selon E.Schein*, la culture est la manière dont un groupe de personnes résout les problèmes et les dilemmes auxquels il est confronté.

La Culture intervient à différents niveaux:

  • Celui du pays ou de la région
  • Celui de l'entreprise ou de l'organisation
  • Celui du métier ou de la profession. 

La culture ne se laisse pas saisir facilement

Elle est composée d'éléments visibles ( la mode vestimentaire, l'architecture, les arts,...) et d'autres, normes et valeurs, qui ne le sont pas immédiatement.

Le regard que chacun porte sur sa culture et sur les autres culture n'est pas objectif:

  • on est immergé dans sa culture, on voit les autres cultures à travers la sienne;
  • notre perception des cultures qui nous paraissent les plus éloignées  fait spontanément ressortir davantage  les différences que ce qui rapproche;
  • nous sommes encombrés d'images (stéréotypes culturels) qui peuvent fausser notre perception de la réalité.

L'enjeu de la démarche interculturelle

Connaître sa culture et se connaître soi-même. Reconnaître la diversité des cultures et des individus. Repérer les différences mais aussi les similarités pour favoriser la communication et les échanges.

 

*E Schein. Organizational Culture and Leadership

Théories et modèles

La Culture a fait l'objet de nombreux travaux d'anthropologues qui ont permis d'en mieux cerner les caractéristiques intrinsèques et de se doter des outils adéquats d'analyse.

Sur un plan pratique, des chercheurs ont privilégié une approche comparative, fondé sur le repérage non des caractéristiques communes mais au contraire de ce qui les distingue.

Geert Hofstede

"Si le cerveau est le hardware, la culture est le software autrement dit le logiciel… et si vous ne connaissez pas le logiciel d’un pays, vous ne pouvez pas utiliser le programme!" - G Hofstede

 

Anthropologue, G. Hofstede a mené, entre 1967 et 1973, une très vaste enquête internationale portant sur les valeurs culturelles véhiculées par le personnel d'IBM à travers le monde.

G Hofstede a constitué une banque de données de 116000 questionnaires, émanant de 72 filiales. Ces questionnaires ont été la source d'un important travail de comparaison entre les différents contextes culturels qui a donné naissance à la théorie du logiciel mental hiérarchisé.

Cherchant à établir des critères de différenciation pour rendre compte de la diversité des cultures, G Hofstede a mis en avant 4 dimensions essentielles:

  • La distance hiérarchique
  • Le contrôle de l'incertitude
  • L'individualisme
  • La masculinité

A la demande des pays asiatiques il a également travaillé sur une 5ème dimension:

  • L'orientation à long terme.

 

Distance hiérarchique

Toute organisation implique, par essence, une forme de hiérarchie. Ce qui varie nettement d'un pays à l'autre c'est le degré et la forme de domination qu'une société accepte ou non.

la distance hiérarchique se mesure à la perception que le subordonné a du pouvoir de son chef. Cette dimension correspond au degré d’inégalité attendu et accepté par les individus.

Le positionnement des pays

  • Les pays latins d'Europe, les pays d'Amérique du sud et les pays d'Afrique noire favorisent une grande distance hiérarchique.
  • Les pays anglo-saxons, scandinaves et germaniques favorisent une distance hiérarchique courte.

Illustration

L'impact dans les entreprises

  • Dans les pays à courte distance hiérarchique, l'encadrement est faible et l'éventail des salaires peu important.
  • L'encadrement est considérable et l'éventail des salaires larges dans les pays à longue distance hiérarchiques

Illustration

Cette illustration montre la répartition des pays sur l'axe distance hiérachique  ( de 0 à 100, de la distance hierarchique la plus courte à la plus longue).

La plupart des pays d'Asie se caractérise par une forte distance hiérarchique; la Malaisie et les Philippines étant les pays dans lesquels cette distance est la plus importante.

Par comparaison, la plupart des pays occidentaux ont une distance hiérarcchique courte; la France et le Mexique étant des exceptions.

Source: tableau réalisé à partir des travaux de G Hofstede

 

Contrôle de l'incertitude

Cette dimension fait référence à la manière dont les membres d’une société abordent le risque.

Certaines sociétés, à fort contrôle de l'incertitude, cherchent à créer un maximum de sécurité de 3 manières: par la technologie (pour lutter contre les défis de la nature), par les règles juridiques (pour se protéger des déviances humaines) et par la religion (pour répondre aux questions relatives à la condition humaine).

Le positionnement des pays

Les pays de culture latine d'Europe et d'Amérique pratiquent un fort contrôle de l'incertitude.

Les pays anglo-saxons, l'Allemagne et les pays scandinaves, les pays du Sud Est Asiatique, l'Inde et les pays africains se caractérisent par un faible contrôle de l'incertitude.

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Impact dans l'entreprise

Plus l'anxiété est forte, plus les contraintes le sont, manière de gérer cette anxiété.

Dans les pays à faible contrôle de l'incertitude, l'initiative personnelle est fortement encouragée et la tolérance aux idées nouvelles largement pratiquée.

 

Illustration

Source: tableau réalisé à partir des travaux de G Hofstede

Individualisme

Certains pays reposent plus que d'autres sur la vie communautaire. La manière de vivre ensemble au niveau de la famille ou au sein de la société, diffère sensiblement d'un pays à l'autre.

La famille

  • Dans les cultures communautaires, la famille est considérée de manière élargie (les grands parents, les parents, les enfants).
  • Dans les cultures individualistes la famille est plus resserrée.

L'individu et le groupe

  • Les sociétés communautaires encouragent l'individu à se fondre dans le groupe.
  • Les sociétés individualistes encouragent l'individu à valoriser son épanouissement personnel.

Les échanges

  • Les relations entre les employeurs et les employés se fondent sur une base morale dans les cultures communautaires (importance du lien, de la confiance).
  • Les relations se nouent sur la base d'un calcul personnel dans les cultures individualistes (importance du contrat).

Le conflit

  • Les sociétés communautaires cherchent à évacuer les conflits et recherchent le consensus.
  • Les sociétés individualistes n'ont pas de problème avec les tensions et le conflit.

 

Positionnement des pays

  • Les pays anglo-saxons, l'Australie et la Grande Bretagne sont les pays les plus individualistes.
  • L'Afrique de l'Ouest, le Pakistan et le Guatemala sont fortement imprégnés d'un esprit communautaire.

Illustration

 

 

Illustration

Source: tableau réalisé à partir des travaux de G Hofstede

 

Masculinité

Ce critère distingue les sociétés dans lesquelles les rôles attribués aux hommes (activités économiques) et ceux attribués aux femmes (enfants et travaux domestiques) sont fortement différenciés (société masculine) et celles ou cette différence est faible (société féminine).

Par comparaison avec les sociétés féminines, les sociétés masculines se caractérisent par les aspects suivants:

  • l'ambition
  • la prédominance de la vie professionnelle sur la vie privée
  • La dureté des comportements (on ne montre pas ses sentiments)
  • la préférence pour les décisions individuelles
  • la valorisation des personnes par le salaire

Dans les sociétés masculines, le travail est un moyen de réaliser son ambition de carrière. Les conflits sont durs et ouverts.

Dans les sociétés féminines, le travail est d'abord une opportunité de créer des relations de coopération et de cordialité. L'accent dans les relations est porté sur la discussion et la recherche du consensus.

Positionnement des pays

Pays à fort indice de masculinité: Japon, pays germaniques, Italie, Venezuela, Mexique et Colombie.

Pays a fort indice de féminité: pays scandinaves et Pays Bas

Les pays anglo-saxons et asiatiques, Pérou, Chili, Yougoslavie et les pays d'Afrique noire se situent dans la moyenne.

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Source: tableau réalisé à partir des travaux de G Hofstede

Orientation Long terme

Source: tableau réalisé à partir des travaux de G Hofstede

E.T Hall

Anthropologue, E T Hall s'est intéressé aux règles informelles (dimension cachée) qui conditionnent notre comportement de manières inconscientes.

Il a exploré cette dimension sur le terrain de la communication, du temps et de l'espace:

  • communication: contexte riche vs contexte pauvre
  • Temps: polychronie vs monochronie
  • Espace: confort vis à vis des distances

 

Communication

Pour E T Hall, la culture est un système de:

création émissionrétention ► traitement de l'information.

Au dela des mots, le contexte (la manière dont on parle, les gestes,..) est, en soi, fortement communicant. Il est souvent essentiel à la compréhension du message, car les mots seuls sont insuffisants à transmettre toutes les valeurs qu'il contient.

Contexte riche - contexte pauvre

  • Dans les cas de contexte riche, la part la plus importante de l'information se trouve dans les éléments qui entourent le message linguistique proprement dit.
  • Dans les cas de contexte pauvre, l'essentiel des informations se trouve dans le message lui-même.

 

Les cultures orientales véhiculent des messages traditionnellement riches en contexte alors que la culture américaine véhicule des messages plutôt pauvres en contexte.

Temps

Pour Hall, le temps est en soi un langage qui structure et organise les activités.

Les cultures se différencient selon qu'à un extrême elles ont un fonctionnement polychrone (sytème qui consiste à faire plusieurs choses à la fois) ou monochrone (une chose à la fois).

Les cultures monochroniques ont les caractéristiques suivantes:

  • Une seule chose à la fois
  • respect des programmes établis
  • ponctualité
  • lenteur et méthode
  • respect des délais
  • distance par rapport aux collaborateurs
  • réserve dans les relations à autrui
  • respect des engagements et de la parole donnée

Par contraste, les cultures polychroniques sont caractérisées par:

  • de fréquents changements d'occupation
  • la réalisation de plusieurs tâches simultanées
  • les nombreuses modifications de programme
  • une médiocre ponctulaité
  • la rapidité et le désordre
  • une tendance à s'impatienter
  • L'établissement de relations personnelles fortes avec les collègues
  • la primauté des relations entre individus sur les objectifs à atteindre.

Positionnement des pays

  • Cultures monochroniques: les pays anglo-saxons, l'Allemagne, les pays d'Europe du Nord et le Japon.
  • Cultures polychroniques: sud de l'Europe, France, Amérique Latine, Inde.

 

Espace

F Trompenaars

Photo Fons Trompenaars"Successful leaders have the propensity and competence to help organizations and its teams reconcile dilemmas for better sustainable business performance" - F Trompenaars

De double nationalité Française et Néerlandaise, Fons Trompenaars a lontemps travaillé au sein du groupe Shell où il a mené l'essentiel de ses études, avant de poursuivre une carrière dans le conseil et la formation interculturelle.

Son approche a le mérite de faire la synthèse des démarches précédentes et de proposer aux personnes comme aux entreprises un outil simple de repérage et d'explicitation des différences culturelles.

L'un des intérêts de cette approche est d'introduire les dimensions sous forme de polarités: les cultures se positionnent à un endroit déterminé entre les deux pôles de chaque dimension; elles définissent une préférence qui n'exclut pas l'autre polarité (au moins de manière potentielle et comme le moyen de concilier les 2 pôles).

Pour F Trompenaars, chaque culture se distingue des autres par les solutions ou réponses particulières qu'elle choisit d'apporter aux problématiques qui, globalement, ressortent de l'une des 3 catégories suivantes:

  • La communication et les relations entre les hommes : universalisme-particularisme, individualisme-communautarisme, spécifique-diffus, neutre-émotionnel, statut-réalisation
  • La manière de gérer le temps
  • Le rapport avec l'environnement

Universalisme - particularisme

L'approche universaliste consiste globalement à considérer qu'il existe des solutions de portée générale et que celles-ci ont vocation à être appliquées partout, quelles que soient les circonstances particulières.

Par contraste, l'approche particulariste met l'accent sur les circonstances particulières et sur l'importance des relations, qui nécessitent que les solutions soient adaptées.

Les cultures se répartissent entre ces 2 pôles qui ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Certains pays, les Etats Unis par exemple, ont tendance à être très universalistes alors que d'autres tels que la France ou l'Italie sont plutot particularistes. Sur un sujet aussi important pour les Français que la nourriture, ceux-ci peuvent cependant tenir des positions très universalistes.

Situations concrètes

Le contrat

Le contrat est fondamental dans les cultures universalistes. Il est sensé envisager toutes les situations et prévoir a priori les solutions. Si lors de l'exécution, un doute se fait jour, c'est le contrat qui fait foi, quelles que soient les circonstances particulières, d'où le poids et le niveau de détail de certains contrats établis dans des contextes universalistes.

Dans les cultures particularistes, le contrat est moins important que la confiance accordée à la parole donnée et perçu parfois comme un simple élément de formalisation. L'accent est mis sur la relation et sur les situations particulières de l'accord. Si les circonstances changent, il est considéré comme normal que les termes de l'accord évoluent eux aussi.

On voit ici les difficultés qui peuvent surgir dans les relations entre des partenaires issus de cultures situées à des pôles opposés.

Voyages d'affaires

Un voyage d'affaires dans un pays de culture particulariste devrait toujours prévoir une durée suffisante non seulement pour présenter et discuter des détails d'un accord, mais aussi pour construire la relation.

Les objectifs

Au même titre que le contrat, les objectifs,discutés et acceptés, sont considérés, dans les cultures universalistes, comme le fondement de la relation contractuelle pendant la période considérée et l'élément clé d'évaluation des résultats obtenus, quelles que soient l'évolution de l'environnement.

Dans les cultures particularistes, l'objectif est considéré comme indicatif, ne saurait être un élément d'évaluation suffisant de la contribution globale et doit pouvoir être aménagé lorsque les circonstances changent.

Les principes de management

Les principes de management qui fondent les relations à l'intérieur des sociétés internationales sont essentiellement issus des pays de culture universaliste. Certains de ces principes (par exemple en matière de rémunération basée sur les performances) "frottent" quand ils sont mis en oeuvre dans des pays de culture particulariste.

Individualisme - communautarisme

La tension entre les pôles individualisme et communautarisme renvoie à la réponse que les sociétés apportent quant à savoir si les gens se définissent d'abord en tant qu'individus ou d'abord en tant que membres d'un groupe.

  • Dans les cultures individualistes, l'accent est mis sur les individus qui, en s'attachant à réaliser leurs objectifs de développement individuels, contribuent in fine au développement de la communauté.
  • Dans les cultures communautaristes, c'est la communauté qui est d'abord valorisée. 

Situations concrètes

Les politiques de promotion ou de rémunération

Elles pourront être très différentes (ou diversement acceptées) dans les cultures individualistes et communautaristes. Les fondements de la rémunération individualisée mettent en avant la performance de l'individu plutôt que celle du groupe. Cette perspective peut être difficilement comprise voire source de tensions dans un contexte plus communautariste.

La responsabilité

Dans un contexte individualiste, c'est l'individu qui est responsable et rend compte de ses actes et performances. Dans les cultures plus communautaristes, la responsabilité est collective et chaque individu est responsable vis à vis du groupe.

Les décisions

Les décisions sont le fait d'une personne dans les cultures individualistes. Elles sont l'expression d'un consensus dans les cultures communautaristes.

A noter: l'axe Individualisme-communautarisme est similaire à la dimension individualisme de G Hofstede.

Affectif - neutre

Les pôles affectif et neutre renvoient à la manière dont certaines sociétés admettent voire encouragent l'expression des émotions et d'autres, au contraire, les cachent.

  • Dans les cultures de type affectif, il est normal d'exposer ses états d'âme.
  • Les cultures de type neutre considèrent qu'il ne faut pas manifester ses émotions. Exprimer celles-ci est assimilé à un manque de maîtrise et d'objectivité.

A noter que certaines cultures peuvent admettre d'exprimer leurs émotions tout en réservant cette possibilité à certaines sphères ou étapes de la discussion. Les Américains par exemple expriment volontiers leurs émotions, mais s'attachent à prendre leurs décisions sur un mode neutre et objectif.

Situations concrètes

Les silences

Les silences sont souvent ressentis comme des moments de gène ou perçus comme des échecs par les ressortissants d'une culture affective. Dans les cultures de type neutre, par exemple en Asie, le silence est une pause permettant l'assimilation de l'information.

Le ton de la voix

Jouer sur le registre des émotions et donner de la voix, dans une culture de type affectif, concourt à donner de la congruence à son message et est un signe d'implication dans la situation. Dans les cultures de type neutre, il est synonyme de perte de maitrise avec le risque de faire perdre la face à son interlocuteur, et par conséquent la perdre soi-même.

Spécifique - diffus

Dans certaines cultures, dites spécifiques, les individus ont tendance à compartimenter leur vie et à s'impliquer de manière variable et partielle dans les différentes sphères de leur existence. Dans d'autres (culture diffuse) les personnes s'investissent pleinement dans la relation quelles que soient les circonstances.

Les différentes sphères de relation peuvent être représentées (Cf le schéma proposé par K Lewin) par des cercles concentriques: au centre les sphères les plus privées; en périphérie, les sphères les plus publiques.

Chez les américains, (culture spécifique) il est facile de nouer des relations, dès lors que celles-ci restent cantonnées dans la sphère publique et liées à un contexte particulier. Dans les cultures plus diffuses, ce premier contact peut-être plus long car il implique, quand la relation est nouée, qu'elle couvre d'emblée l'ensemble des sphères publiques et privées.

Applications concrètes

Incompréhensions

Dans l'échange entre un français et un américain, le français peut s'attendre à ce que la relation d'amitié engagée dans un contexte déterminé s'étende à l'ensemble des situations où ils pourront se rencontrer. Il pourra prendre ombrage de constater que ce n'est pas nécessairement le cas.

A l'opposé, le français pourra être perturbé par le niveau d'ouverture de l'américain, se servant par exemple directement dans le frigidaire, parce que celui-ci fait partie de la sphère publique d'un américain alors qu'il fait clairement partie de la sphère privée pour un français.

Statut - réalisation

Certaines cultures valorisent le statut social "dit attribué" (statut), qui ressort de la catégorie sociale à laquelle on appartient, des écoles fréquentées, des personnes que l'on connait,... D'autres cultures valorisent le statut "dit acquis" (réalisation), c'est à dire celui qui est le résultat de l'action de la personne concernée.

La France est fortement orientée statut alors que les Etats Unis sont fortement orientés réalisation.

A noter que dans les sociétés où le statut est important, le rôle (ce qui est attendu de la personne ayant un statut déterminé) est souvent contraignant.

exemple:

Inconcevable pour un DG britannique basé en Thailande de venir au bureau en vélo. Son statut de DG lui impose d'utiliser le luxueux véhicule de fonction mis à sa disposition en vertu du statut élevé qu'il occupe dan l'entreprise. Quelles que soient les "bonnes" raisons de l'intéressé, elles ne seront pas nécessairement décodées comme telles localement.

Rapport au temps

A noter: cet axe reprend la dimension monochronie présentée par E.T HALL et la complète d'une analyse sur le référentiel temps: cercles passé-présent-avenir; orientation court terme - long terme.

  • Certaines sociétés considèrent le temps comme s'écoulant de manière séquentielle, avec des activités considérées comme autant de séquences successives et isolables. Ces sociétés ont souvent mis en place des éléments sophistiqués de planification.
  • D'autres groupes culturels considèrent le temps comme un cycle (le cycle chinois est de 60 ans): le passé, le présent et le futur s'interpénètrent. Ces sociétés "synchrones" attachent moins d'importance à la planification et au calendrier qu'à l'adaptation aux circonstances.

Applications concrètes:

En général, les synchrones trouvent que les séquentiels manquent de souplesse et de rapidité tandis que les séquentiels jugent les synchrones désorganisés et sont décontenancés par leur manière de contourner les files d'attente ou leur manque de ponctualité.

Le test des cercles (Tom Cottle)

Question de base: pensez au passé, présent et futur sous forme de cercles. Dessinez 3 cercles représentant le passé , le présent et le futur. Disposez ces cercles comme vous le souhaitez de telle manière qu'ils représentent le mieux, selon vous, les relations entre passé, présent et futur. Vous pouvez utiliser des cercles de taille différente pour représenter le présent, le passé et le futur.

Ce test a mis en évidence 4 types de configurations:

Absence de lien entre les zones

Intégration d'une zone dans une autre

Recouvrement partiel de zones

Zones se touchant sans se recouvrir.

Pour les français, les 3 cercles -passé, présent et futur- se recouvrent fortement.

L'horizon temporel: court terme - long terme

Les cultures asiatiques ont tendance à privilégier une orientation long terme (cf la 5ème dimension présentée par G Hofstede) qui contraste fortement avec la perspective trimestrielle des Américains.

Rapport à la nature

Faut-il contrôler la Nature ou la laisser suivre son cours (quitte à accompagner son mouvement)?

  • Certaines cultures considèrent que ce sont les individus qui exercent le plus grand contrôle sur leur vie: les individus sont maitres de leur destinée, ils doivent s'attacher à faire avancer leurs projets malgré les contraintes de l'environnement.
  • D'autres considérent que c'est la nature et l'environnement qui sont les plus puissants et les plus déterminants: les individus sont soumis aux lois de la Nature,il ne faut pas s'opposer aux forces et contraintes de l'environnement, mais les accompagner .

Diversité culturelle et management

En développement

Pistes de réflexion:
  • émergence des "global players", managers capables de gérer équipes et projets sur une base internationale.
  • Management d'équipes virtuelles dans un contexte pluri-culturel: enjeux, contraintes et solutions
  • Des avantages de la diversité...
Pour aller plus loin:

Se positionner

Bienvenue dans la rubrique "se positionner"!

Cette rubrique (en cour de développement) a pour objectif de vous faire prendre conscience de vos propres références culturelles.

Nous vous proposons d'explorer 2 niveaux différents:

A chaque niveau, l'enjeu est d'abord de se connaître.

Chemin faisant vous repérerez aussi ce qui vous différencie des autres, d'une manière générale, et de vos futurs voisins et collègues en particulier.

Le référentiel de compétences culturelles

Dans ce chapitre, il s'agit d'auto évaluer vos compétences interculturelles en vous aidant du présent référentiel (► voir le fichier attaché).

Vous pouvez réaliser cette évaluation seul, vous pouvez aussi échanger sur ce sujet avec une personne qui vous connait bien.

Le référentiel répertorie 6 domaines de compétences, comprenant un ou plusieurs items.

Pour chaque item attachez-vous à définir à quel niveau vous vous positionnez: niveau de base, intermédiaire, avancé, expert/fluent.

 

Cet exercice a pour but d'attirer votre attention sur des zones de vigilance et ouvrir des pistes pour saisir les opportunités de développement liées à votre parcours à l'étranger.

Management

Organisation:

Capacité à dessiner, mettre en place et faire fonctionner (accompagnement du changement) les organisations les mieux adaptées tenant compte des spécificités et besoins locaux et des pratiques et politiques de l'entreprise.

Animation d'équipe:

Capacité à adapter son style de management à la culture de ses équipes tout en étant capable d'atteindre les objectifs fixés. Aptitude à faire face à des situations inhabituelles, avec des partenaires aux valeurs et comportements différents des siens. Capacité à maintenir le cap fixé tout en remettant en cause la façon de l'atteindre. Vigilance mentale, capacité à prendre des rôles à la fois centrés sur la réalisation d'une tâche et sur les relations interpersonnelles au sein d'une équipe.

Communication (diplomatie):

Aptitude à transmettre un message en prenant en compte la perspectives et les références de son interlocuteur. Capacité à s'adapter aux réactions de son interlocuteur pour qu'il comprenne le message avec le moins d'ambigüité possible et, si possible, qu'il y adhère. Empathie, écoute, habileté en communication.

Négociation:

Savoir identifier ses propres enjeux et ceux de son interlocuteur. Savoir définir sa stratégie en identifiant clairement ses objectifs et sa marge de manoeuvre. Etre capable d'assumer une situation conflictuelle sans agressivité. Etre capable de gérer des conflits.

Prise de décision:

Etre capable de travailler et prendre des décisions dans des situations complexes (partenaires et enjeux multiples; systèmes de référence différents, informations disponibles disparates et d'une fiabilité variable); disposition à apprendre (ouverture d'esprit, curiosité intellectuelle, attitude d'écoute, aptitude à reconnaître ses erreurs ou échecs et à en tirer les leçons) et tolérance à l'ambigüité.

Mobilité

Adaptabilité:

Expérience des voyages internationaux. Aptitude à s'adapter rapidement à de nouveaux environnements de vie et de travail. Capacité à créer des relations et des liens de collaboration avec de nouveaux partenaires ayant des référentiels, valeurs et comportement différents des siens.

Expatriation

Capacité à quitter son pays, seul ou en famille, pour vivre dans un pays étranger.

Stress et fatigue:

Résistance au stress et forme physique permettant d'absorber les voyages fréquents, les décalages horaires et les contraintes inhérentes à un rôle de représentation à l'étranger.

Isolement:

Conserver un bon niveau d'efficacité dans un contexte étranger, avec peu de support et de possibilités d'échanges de vue avant de prendre des décisions.

TIC:

Savoir utiliser les nouveaux outils de communication de manière efficace et autonome. Conserver une forte productivité tout en étant en situation de forte mobilité

Conscience interculturelle

Se connaître:

Connaissance de ses propres ancrages culturels et conscience de ceux d'autrui. Capacité à ne pas toujours considérer son propre modèle culturel comme modèle de référence universel (ethnocentrisme).

Comprendre la diversité:

Conscience des différences culturelles, de leur impact sur la communication, la négociation et le management.

Disposition à apprendre:

Capacité à appréhender les situations interculturelles comme un potentiel d'apprentissage et une source d'enrichissement plutôt que comme une menace.

Connaissance du pays

Contexte professionnel (national/régional)

Connaissance extensive (et approfondie) des spécificités locales ( ou régionales) liées à son métier (règlementation, secteur d'activité, contexte socio politique...)

Contexte extraprofessionnel

Curiosité vis à vis du pays d'accueil avec la volonté de le découvrir en profondeur et d'aller au delà des premières impressions et idées reçues.

Langues

Anglais

Langue du pays d'accueil ou de la région

Indiquez lesquelles:

Autres langues

Indiquez lesquelles:

gestion de carrière

Réseaux

Développer ses réseaux à l'étranger sans négliger la relation avec le siège social et le réseau dans son pays d'origine.

Ancrages

Capacité à gérer sa carrière, à maintenir ses orientations en phase avec ses ancrages.

Disposition à la mobilité

Etre capable d'aller-retours entre des affectations au siège (hors expatriation) et dans des filiales.

Vos préférences culturelles

Nous vous proposons, en reprenant les axes proposés par F trompenaars*, de vous positionner en repérant, pour chaque dipôle, où va plutôt votre préférence.

Reconnaître une préférence ne signifie aucunement que cette dernière s'applique systématiquement, dans toutes les circonstances et à l'exclusion de l'autre polarité.

Au contraire, vous êtes probablement amené(e) régulièrement, selon les circonstances ou les sujets, à utiliser l'une et l'autre préférence. La préférence repérée ne constitue qu'un ancrage particulier, une attitude spontanée.

Repérer sa préférence, sans chercher à mesurer de quelque manière son intensité, permet d'identifier un schéma de pensée ou de comportement spontané et surtout de comprendre, dans le contact avec d'autres personnes et d'autres cultures, que d'autres peuvent fonctionner autrement.

Identifier l'écart, c'est se donner le moyen d'établir un pont pour le combler.

 

* Riding the waves of culture

Contrat vs situation

Etes-vous plutôt porté(e) à considérer qu'il existe des solutions et règles de portée générale qui ont vocation à s'appliquer indépendamment des circonstances pour le bien du plus grand nombre, ou mettez vous plutôt l'accent sur les circonstances particulières et sur l'importance des relations individuelles, qui nécessitent que les solutions soient adaptées.

  • Les personnes qui ont une préférence pour l'universalisme attachent souvent beaucoup d'importance aux respect des règles et des lois. Ils considèrent que les obligations du contrat s'imposent quelles que soient les circonstances et que les meilleures pratiques doivent être généralisées.
  • Les personnes qui ont une préférence pour le particularisme attachent souvent beaucoup d'importance aux gens et au contexte. Elles pensent que les règles peuvent être adaptées lorsqu'elles ne conviennent pas à la situation.

Exemples à explorer

Le contrat

votre entreprise a signé avec un magasin de jouets un contrat pour la fourniture de voitures miniatures, avec des prix négociés au vu des quantités à livrer. Avec la crise économique, Le marché du jouet s'est écroulé et votre client vous demande de suspendre les livraisons.

Comment réagissez-vous?

- Les personnes de préférence universaliste auront tendance à mettre l'accent sur le contrat. le client s'est engagé par contrat à acheter une certaine quantité de voitures. Vous avez fait des concessions à l'époque, votre client doit maintenant tenir ses engagements.

- Les personnes de préférence particulariste seront plus sensibles aux circonstances et à la relation avec le client. Vous comprenez que votre client puisse avoir des problèmes. Vous pouvez peut-être envisager avec lui des manières d'adapter le contrat à la situation.

L'évaluation des performances

Vous préparez l'évaluation d'un de vos commerciaux. Celui-ci a juste atteint les objectifs que vous lui aviez fixés, mais il a bénéficié d'une conjoncture très favorable et vous avez été vous même mobilisé(e) à plusieurs reprises dans la négociation de contrats sur son secteur.

Que pensez-vous de sa performance et de la manière dont elle devrait être récompensée?

- Les personnes de type universaliste mettent l'accent sur le contrat initial, en l'occurrence les objectifs fixés. Ils seront portés à  considérer que le commercial a pleinement honoré son contrat et que sa performance doit être récompensée à ce titre?

- Les personnes de préférence particulariste considèreront les circonstances -la situation économique, l'aide apportée- et peuvent estimer que le vendeur, du fait de ces circonstances aurait pu obtenir de meilleurs résultats ou bien qu'il n'est pas vraiment à l'origine des résulats obtenus.

Mon auto-évaluation:

 

Plutôt universaliste           Plutôt particulariste

                   

 

Individu vs groupe

Comment vous situez-vous par rapport à la notion de groupe?

  • Les personnes qui ont une préférence pour l'individualisme pensent que le groupe est une sommes d'individus. C'est en favorisant l'initiative individuelle, le développement de chacun que la communauté se développe et prospère. la personne est individuellement responsable de ses actes et de ses résulats.
  • Les personnes qui ont une préférence pour le communautarisme considèrent que les individus se définissent d'abord par leur appartenance à un groupe ou une communauté. La situation de chacun dépend de la prospérité ou du développement du groupe. Les membres du groupes sont solidairement responsables des actes et des résultats obtenus.

 

Exemples à explorer

  • Comment préférez-vous accomplir vos tâches? - Seul(e).... ou en groupe?
  • Comment préférez prendre vos décisions? - Seul(e)... ou sur une base consensuelle
  • Comment préférez vous que votre travail soit récompensé? - Individuellement... ou collectivement?
  • Comment préférez vous rendre à des réunions de négociation?- Seul(e)... ou en équipe?
  • Qu'est-ce qui est pour vous le plus important? - l'argent... ou la reconnaissance?

 

Mon auto-évaluation:

Plutôt individualiste           Plutôt communautariste

                      

 

Expression des émotions

Avez-vous tendance a facilement exprimer vos émotions?

  • Les personnes qui ont une préférence affective ont tendance a exprimer librement leurs émotions.
  • Les personnes qui ont une préférence neutre ont tendance à les contrôler au maximum et à ne pas les afficher.

 

Mon auto-évaluation:

Plutôt affectif           Plutôt neutre

                   

 

Interrelations

Vos interrelations sont-elles nombreuses et faciles, mais cantonnées à des compartiments de votre vie; ou prennent-elles plus de temps pour se développer, s'étendant à tous les pans de votre existence?

  • Les personnes ayant une préférence spécifique ont souvent un espace public important mais strictement compartimenté. Elles se font très facilement et très rapidement de nouvelles relations; mais ces relations restent limitées à la sphère publique et à un contexte particulier.  Elles ont beaucoup de relations, mais ne tissent de véritables relations d'amitié qu'avec un petit nombre d'entre elles.
  • Les personnes ayant une préférence diffus, mettent souvent plus de temps à engager une nouvelle relation. Leur espace public étant peu important, elles perçoivent avec inquiétude le risque d'envahissement de leur sphère privée et ne s'autorisent donc des démonstrations d'amitié que lorsqu'elles sont dans un rapport de confiance avec la nouvelle personne, prêtes à bâtir une vraie relation d'amitié.

Exemples à approfondir

- Quand vous rencontrez une nouvelle personne, êtes vous rapidement ouvert et jovial ou bien adoptez vous d'abord une position de réserve?

- Quand vous invitez des collègues à diner chez vous, vous attendez-vous à les voir se promener dans toute la maison; ou certaines pièces vous paraissent-elles être plus privées que d'autres? 

Mon auto-évaluation:

Plutôt spécifique           Plutôt diffus

                   

 

Statut vs réalisations

Fondez-vous le respect que vous accordez aux personnes davantage sur leur statut social ou sur ce qu'elles ont concrètement réalisé?

  • Les personnes plutôt impressionnées par le statut ont tendance a accorder de l'importance à la place occupée dans la société, à la façon dont une personne est considérée. Elles entretiennent un fort respect pour les personnes les plus agées, les diplômes, les signes officiels de reconnaissance. Elles attachent une grande importance à l'ascendance familiale et aux réseaux de relations. Le succès est mesuré d'abord sur le degré d'auto-réalisation.
  • Les personnes plutôt impressionnées par les réalisations valorisent le succès matériel, les résultats. Elles sont tournées vers l'avenir plus que vers le passé.

Questions pour approfondir

- Est-ce qu'il est plus important d'accomplir vos objectifs professionnels ou d'entretenir de bonnes relations avec votre famille et vos amis?

- Comment mesurez-vous le succès?

  • par la reconnaissance et la rémunération ?
  • par la satisfaction personnelle et l'autoréalisation?

 

Mon auto-évaluation:

Valorise le statut          Valorise les réalisations

                   

 

Rapport au temps

Etes vous plutôt du genre à faire une chose ou plusieurs choses à la fois?

  • Les personnes de préférence monochrone préférent prendre une tâche après l'autre et mener chacune jusqu'au bout.
  • Les personnes de préférence polychrone font volontiers plusieurs choses en même temps.

Exemples pour approfondir:

1-Lorsqu'il sert ses clients aux Etats Unis, le commerçant traite une commande après l'autre. En France, le boucher qui aura déballé un morceau de jambon demandera tout naturellement aux autres clients si certains veulent du jambon avant de le ranger.

2-Vous êtes au téléphone avec un client lorsqu'arrive un collègue avec lequel vous aviez rendez-vous.

- Vous faites un signe à votre collègue et lui indiquez d'un geste de s'asseoir.

- Vous restez concentré sur votre appel sans manifester d'attention à votre collègue

 

Mon auto-évaluation:

Plutôt monochrone          Plutôt polychrone

                   

 

Contrôler la nature

Considérez-vous que ce que vous pouvez réaliser dépend d'abord de vous ou d'abord de l'environnement?

Les personnes de préférence "contrôle" considèrent que, quelles que soient les difficultés et contraintes de l'environnement, le succès de leurs initiatives dépend de leur détermination à les mettre en oeuvre. Face à des obstacles, il est important de résister et de se donner les moyens de les dépasser ou contourner.

Les personnes de préférence "accompagnement" de la nature, considèrent qu'il est des forces qu'il est vain d'affronter directement. Elles pensent qu'il est plus efficace d'accompagner le mouvement naturel des choses plutôt que de s'y opposer, et d'exploiter au contraire les opportunités offertes par l'environnement pour atteindre ses objectifs.

Mon auto-évaluation:

Position de contrôle           Position d'accompagnement

                   

 

Développer son Intelligence Culturelle

Bienvenue dans la rubrique "développer son Intelligence Culturelle"

Cette rubrique ( en cours de développement) vous propose, sous forme de grilles méthodologiques, des outils de développement de vos compétences multiculturelles.

Le véritable champs de votre développement se situe dans la préparation de votre séjour à l'étranger et surtout dans les étapes successives de votre intégration sur place que ce soit sur le plan personnel ou professionnel.

 

Bonne intégration!

Découvrir le pays d'accueil

Au delà des approches théoriques, le meilleur moyen de comprendre la culture d'un pays est de prendre le temps de le découvrir.

On peut traverser des milliers de fois une forêt sans en saisir l'âme ni repérer les espèces. Partez avec un guide, prenez le temps de regarder autour de vous et vous découvrirez mille détails qui modifient votre perspective .

Il en est de même de l'environnement de l'expatrié ou du manager interculturel.

Vous trouverez dans ce chapitre des guides et suggestions pour entrainer votre regard, approfondir et structurer votre découverte:

Vous pouvez aussi consulter les chapitres consacrés à votre (futur) pays d'accueil dans les dossiers pays.

 

Valeurs et symboles

Pistes de réflexion:
  • Quels sont les évènements historiques majeurs qui ont forgé la nation/ le pays actuel: civilisations anciennes, périodes d'indépendance ou d'occupation étrangère, guerres, révolutions,...?
  • Qui sont les héros et les grands hommes du pays. En quoi sont-ils emblêmatiques du pays?
  • Quels sont les symboles du pays?
  • Quels sont, concernant les habitants du pays, les stéréotypes qui vous viennent spontanément à l'esprit? ( vous pouvez échanger avec d'autres sur le sujet voire avec les intéressés eux-mêmes sur un mode symétrique).

langages et communication

 
Pistes de réflexion:
  • Quelle est la langue du pays? Quelles sont ses caractéristiques principales? En quoi permet-elle d'éclairer certains traits culturels des habitants?
  • Ce que disent les gens (le message) est-il direct et facile à comprendre ou doit-il donner lieu à des interprétations plus ou moins complexes?
  • Quels gestes sont particulièrement chargés de sens? (lesquels indiquent éventuellement un risque, ou sont à éviter ?)
  • A quelle distance les gens du pays se tiennent-ils les uns des autres lorsqu'ils discutent ensemble?
  • Les gens expriment-ils ou non facilement leurs émotions? le premier contact est-il aisé?
  • Quelles sont les règles essentielles d'étiquette à respecter: conduite à tenir dans telle ou telle circonstance, erreurs à éviter?
  • Certains sujets de conversation sont-ils pour vous déconcertants? Y-a-t-il des sujets à éviter?
  • Quels sont les occasions ou lieux privilégiés pour les échanges?

Pratiques managériales

Pistes de réflexion:

Comment décririez-vous ce qui, dans les pratiques managériales du pays, vous paraît le plus singulier par rapport à votre propre référentiel?

  • Temps
  • Contrat
  • Négociation
  • Evaluation
  • Management: objectifs, directivité-autonomie, challenge-participation, modalités du feedback,...
  • Style de leadership
  • Comment évaluez-vous les risques et conséquences potentielles?

Gérer les frottements

La rencontre de cultures différentes entraine des frottements.

Ces frottements sont inévitables et génèrent des situations inconfortables: incompréhensions, conflits, choc culturel.

A mesure que l'on repère ces zones de frottement, on devient capable de mieux les gérer: c'est le processus d'adaptation. L'adaptation à son nouvel environnement constitue un premier niveau d'acquisition de compétences interculturelles.

Lorsqu'on poursuit l'effort, on devient capable, à partir des différences, de faire émerger non plus seulement des frottements, mais aussi des complémentarités: c'est la mise en oeuvre de synergies.

Repérer les situations de frottement

Ma culture par comparaison avec celle du pays d'accueil.

Quels sont les risques? De quelle nature sont-ils? Quelles conséquences peuvent-ils avoir?

Comment réconcilier les deux manières de faire?

Gérer le choc culturel

Le choc culturel est une étape incontournable mais essentielle de votre adaptation à l'étranger et de votre développement culturel.

  • Qui est concerné? Tous
  • Comment le choc culturel se manifeste-t-il?
  • Comment gérer la situation, où trouver de l'aide?
  • Comment tirer parti du choc culturel?

 

Gérer la diversité

Comment, au delà voire à partir des différences, faire émerger de véritables sources d'enrichissement?

Glossaire & bibliographie

Bienvenue dans le glossaire.

Vous trouverez ici l'ensemble des termes, classés par ordre alphabétique, relatifs aux relations interculturelles.

  • Culture
  • Cercles de Kurt Lewin
  • Iceberg de la culture
  • MBTI
  • Préparation interculturelle

 

Espaces de vie

Le psychologue Kurt Lewin a représenté les espaces de vie des personnes sous la forme de cercles concentriques; le cercle extérieur représentant la sphère publique et le cercle intérieur symbolisant le domaine privé.

Kurt lewin a mis en évidence 2 types sensiblement différents.

  • Le Type U, est caractérisé par une sphère publique importante et par un domaine privé plus restreint. Dans ce modèle, caractéristique des Etats Unis, le domaine public est très ouvert mais il est aussi fortement segmenté. Il est  facile d'entrer en relation et de développer des liens de collaboration ou d'amitié dans un contexte donné, par exemple au Golf ou en Vacances. Pour autant ce type de relations restera cantonné à ce contexte et ne sera pas forcément étendu à d'autres, par exemple au domaine professionnel.
  • Le Type G, à l'inverse comprend un espace public relativement faible et un domaine privé dont l'accès est d'autant plus délicat que l'espace n'est pas segmenté et que la relation lorsqu'elle est engagée le couvre potentiellement dans son ensemble.

 

Dans un contexte interculturel, la difficulté est de comprendre ce qui chez l'autre relève de l'espace privé et de l'espace public. Des situations particulièrement inconfortables peuvent naître de la rencontre de deux personnes de types très différents.

Les Français ont un espace privé considérable. Ils peuvent se sentir envahis en présence d'un américain qui ne situera pas de la même manière la frontière entre espace public et espace privé. Ils pourront tenir pour hypocrite le comportement des américains qui peuvent se montrer très jovial et ouvert dans un contexte et ne pas l'être dans un autre.

Iceberg de la culture

Iceberg de la culture

L'iceberg de la culture présente de manière illustrée les différentes formes sous lesquelles se manifeste la culture. La culture peut être apréhendée au travers de ses manifestations visibles, qui nous frappent d'évidence quand nous voyageons à l'étranger. La culture est aussi constituer, en profondeur, d'éléments qui ne sont pas aisément discernables: la religion, ... Enfin, au plus profond, se situent les vérités universelles, celles qui sont profondément ancrées dans l'esprit des personnes. Celles-ci tiennent ces vérités pour évidentes et risquent d'être fortement déstabilisées lorsqu'on les interroge sur le sujet.

Les normes correspondent à la perception commune à un groupe de ce qui est bien ou mal. Les normes peuvent aussi bien rester informelles (contrôle social) que faire l'objet de lois et règlements écrits.

Les valeurs se distinguent des normes en ce qu'elles constituent un repère pour faire des choix et agir.

Stéréotypes culturels

Stéréotype: "Opinion toute faite, cliché, réduisant les singularités." (Dictionnaire culturel)

Les stéréotypes culturels correspondent à des images figées, globalisantes et souvent simplificatrices de la manière dont se comportent les individus d'un groupe social différent du sien.

  • Figées, ces images n'évoluent pas avec le temps, et, si elles ont eu une certaine réalité à une période donnée, elles risquent fort d'être fausses avec le temps.
  • Globalisantes, elles ne tiennent pas compte de la diversité des individus à l'intérieur d'un groupe.
  • Simplificatrices, elles se concentrent sur ce qui est visible et sensiblement différent de sa culture propre.

 

L'usage des stéréotypes n'est pas forcément négatif. Les stéréotypes permettent d'attacher des images concrètes à des réalités difficiles à appréhender. Ils peuvent aussi être utiles lorsqu'il véhiculent des images positives.

Dans la pratique interculturelle, il est important de dépasser les stéréotypes pour comprendre une culture dans sa diversité, sa dynamique et sa complexité.