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DANS LES KIOSQUES – SINGAPOUR n°12 : Smart Mobility

Au sommaire du dernier numéro du magazine Singapour : un dossier consacré à la mobilité. Comment Singapour a t-elle réussi, dans ce domaine, à digérer sa croissance économique et l’augmentation de ses habitants ? La réponse avec François Vienne, urbaniste. Plongée dans l’univers de la « smart mobility » à la mode singapourienne, où l’innovation est foisonnante - voitures autonomes, drones, exploitation tous azimuth des big data,.. – et les entreprises françaises nombreuses.
DOSSIER – SMART MOBILITY
Lee Kuan Yew n’aimait pas l’idée d’accorder trop de place à la voiture. Dans un entretien accordé en 2010 à Tom Plate, le père fondateur de la Singapour moderne, souvent visionnaire, expliquait les réticences qu’il avait eues lorsqu’il s’était agi de donner ou non à la voiture particulière la place qu’elle réclamait, pressentant que ses exigences n’iraient qu’en grandissant pour finalement occuper toute la place.
PHOTO REPORTAGE : TRANSIT
Le photographe singapourien Edwin Koo nous emmène dans le métro de Singapour. Un cadre immuable : les portes d’une rame de métro, vues du quai. Dans le cadre : une multitude de scènes du quotidien qui forme un portrait collectif chargé d’histoires individuelles.
SINGAPOUR AUTREMENT
Gotham City, Vicky Wang au sommet du Parkview square - Pousser ses portes battantes du rez de chaussée vous plonge dans une ambiance art déco époustouflante.
Les bons plans bio de Raphaëlle – Depuis longtemps, Raphaëlle Voog avait envie de changer de vie ; de quitter l’univers du luxe pour se consacrer à la cuisine, une passion qui l’anime depuis l’enfance. C’est chose faite depuis qu’elle est venue vivre à Singapour.
ECHAPPEES BELLES
Découvrir le Yunnan avec Asian Roads (publi-reportage) - Le Yunnan (littéralement « Sud des nuages » est probablement parmi les 22 provinces de la Chine continentale, celle qui est la plus représentative de la diversité ethnique et géographique du pays.
L'ASIE VUE DE FRANCE
Jour de rentrée à Sciences Po, campus du Havre – En ce lundi 30 août 2018, jour de rentrée solennelle sur le campus Europe-Asie de Sciences Po au Havre, le soleil chauffe généreusement, dans une explosion d’habits chamarrés, de drapeaux, de petits groupes qui se font et se défont, une flamboyante jeunesse venant de toutes les régions d’Asie, d’Océanie, de France er d’ailleurs.
Un été avec Ai Weiwei, à Marseille -  Qui est Ai Weiwei ? De l’artiste chinois, on sait à la fois beaucoup et très peu. Ultra médiatisé, Ai Weiwei est connu pour avoir été l’inspirateur du « nid d’oiseau », ..., et pour son engagement militant.
CULTURE
Nouvelle : "here comes the sun", suivie d'un entretien avec son auteur, Yeo Wei Wei (en partenariat avec Jentayu).
Un artiste, une œuvre – le regard d’Aude Gooly sur le Cambodge
 
VIVRE A SINGAPOUR
Couleurs d’Asie – Blanc &noir
L'agenda des sorties
Un chef une recette : Christophe Grilo, patissier et boulanger des meilleures tables de Singapour.

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Expatriation: du rêve à la réalité

Expatriation rêvee

Expatriation rêvée - expatriation vécue : pour l’expatrié et a fortiori pour son conjoint, le lien est parfois ténu entre les cotés glamour d’une « vie d’expat » idéalisée et la réalité concrète de la vie sur place au quotidien. Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, que les sentiments soient mitigés au moment de partir. L’expatriation fascine et en même temps elle inquiète. « Larguer les amarres », ce n’est pas seulement partir pour un beau voyage. C’est aussi quitter son port d’attache et accepter de se confronter à des expériences inconnues.
Mais il faut dire également que l’expatriation a changé. Adieu les « expatriés de métier », la mobilité internationale s’inscrit désormais dans un parcours professionnel dont elle constitue une étape plus ou moins obligée. Longtemps l’apanage des hommes, elle concerne de plus en plus de femmes. Surtout, quand il s’agit de partir en famille, elle implique des couples dont les deux membres travaillent et ont chacun leurs propres aspirations professionnelles.
Conjoint qui rit, conjoint qui pleure
Pour les deux conjoints, les perspectives diffèrent. Pour celui ou celle qui travaille, l’expatriation comporte certes des risques, elle exigera sans doute un important investissement et des efforts d’adaptation. A la clé, il y a cependant la certitude d’une expérience valorisante et l’intuition que cela pourrait « booster » sa carrière. La situation du conjoint est d’emblée différente. Dans la majorité des cas, le départ à l’étranger commence par une rupture : quitter son emploi. Il est possible que ce « break » soit bienvenu. Il se peut également que le métier du conjoint, ses compétences ou ses centres d’intérêt, lui permettent de reprendre rapidement une activité sur place. Mais tous les conjoints expatriés n’ont pas cette chance. Pour ceux-là, quitter son emploi c’est non seulement arrêter son activité professionnelle, c’est aussi renoncer à une source de revenu et d’autonomie financière, à un cadre (le bureau, l’agenda, les services supports…), à un statut social et à un cercle de relations. L’écho de ces bouleversements en cascade ne manque pas d’être perceptible dans le couple même, où l’équilibre qui s’était institué entre deux « actifs » s’établit, à l’étranger, sur d’autres bases: nouvelle répartition des rôles, rythmes et centres d’intérêt différents, perception de soi et de l’autre modifiés.
Incompris et anxieux
C’est l’une des grandes difficultés que rencontrent les conjoints d’expatriés : ils ont du mal à être entendus lorsqu’ils expriment leur insatisfaction. C’est encore plus vrai lorsque le cadre de vie est agréable et que le pays regorge de « sujets d’intérêt ». Le conjoint d’expatrié est parfois le premier à s’étonner de ne pas s’épanouir dans un contexte objectivement si favorable. Il a le sentiment de ne rien « capter » du pays, de ne rien avoir à « raconter ». Les conjoints d’expatriés, en phase d’adaptation à leur environnement se trouvent dans une situation particulière : sans activité professionnelle, ils ne bénéficient pas de cet accès privilégié à la culture du pays; parfois isolés, ils n’ont d’autres possibilités que de s’intégrer dans une communauté (de conjoints) d’expatriés.
En quête de sens
Ce qui fait défaut à ce stade c’est le « sens ». Qu’est-ce que cette expatriation vient faire dans ma vie ? Qu’est-ce que j’en attends ? On est parfois long à reconnaître les aspects les plus positifs de ses conditions d’expatriation. A contrario, il suffit qu’un projet naisse pour que notre perception se modifie tout à coup. De ce point de vue, le besoin essentiel des conjoints expatriés est souvent moins de retrouver un emploi que de se donner les moyens de construire une image sociale avec laquelle ils se sentent bien. Le fait de se fixer des objectifs clairs, quels qu’ils soient (se former, s’impliquer dans une association, faire du sport, créer …), à condition qu’ils soient accessibles, peut être suffisant pour satisfaire à l’exigence d’ « exister » au-delà de son statut de « conjoint d’expatrié ». Démarrer une activité d’indépendant, réaliser des missions, quand bien même celles-ci seraient elles intermittentes, sont certainement de nature à transformer sa perception de l’expatriation.

Le n°11 de SINGAPOUR - Art & the City est dans les kiosques

Et si l’art était ce qui fait battre le cœur d’une ville, palpitant généreux qui irrigue tous les pans de la vie quotidienne, apportant à ses habitants une forme de réalité augmentée que ce soit dans les musées, les salles de spectacles, au bureau ou dans la rue ? Art & the city, c’est le thème du dossier de ce numéro 11 du magazine Singapour. L’occasion de célébrer les accomplissements de la cité-Etat dans le domaine des Arts et de la culture, avec notamment la floraison d’une kyrielle de lieux de culture: la Singapore National Gallery, le Victoria Theatre, Old Parliament House, le Musée des Civilisations Asiatiques ou l’Esplanade... L’opportunité aussi de mesurer le chemin qui reste à parcourir, particulièrement en ce qui concerne l’engagement des artistes, des mécènes et du grand public, pour que la cité-Etat, qui dès 2000 se rêvait en cité de la Renaissance, s’impose en effet, dans la région et au delà, comme l’une des grandes métropoles culturelles de ce siècle.
 

Egalement au sommaire de ce magazine, une plongée toute en images dans l’univers de l’opéra chinois, l’ascension de l’Everest avec la singapourienne Yusrina Yaacob et le portrait étonnant de Dominique KOO, homme d’affaires passionné de grandes complications, qui a développé un fonds d’investissement spécialisé dans les montres d’exception. A découvrir encore, dans la rubrique culture, en partenariat avec Jentayu, la nouvelle d’Alfian Saat, l’auteur en résidence de la compagnie Wild Rice, et puis l’agenda, le portrait et la recette du chef du restaurant Odette, des nouvelles de l’Asie vue de France, des clés pour mesure votre ADN culturel et du vert pour vos inspirations déco.
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Season's Greetings & Best Wishes for a Happy New Year

Après une mise en sommeil de ses activités pendant 3 ans _ le temps, pour moi, de développer les activités de lepetitjournal.com à Singapour et de lancer le magazine SINGAPOUR_ Equipaje revient en force en 2018. Au programme: des services recentrés sur le coaching et l'édition, avec, toujours, le bonheur de vous aider à réaliser vos projets en France et à l'international. 

Je vous souhaite une excellente année 2018, pleine de projets et d'histoires à raconter...
Bertrand
 
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SINGAPOUR N°10- L'Europe à Singapour

Au sommaire du dernier numéro du magazine Singapour : un dossier « L'Europe à Singapour » consacré à cette Europe multiple, protéiforme qui s’incarne dans celles et ceux qui représentent ici l’exceptionnelle richesse et diversité culturelle du vieux continent et coopèrent localement dans le commerce et l’industrie, la sécurité, la santé, le climat et l’environnement, l’urbanisme, la recherche-développement, le sport, l’éducation, la culture, …
DOSSIER - L'Europe à Singapour On ne saurait parler d’Europe sans évoquer ce qu’on appelle la « construction européenne ». Ce dossier vient célébrer à sa manière un triple anniversaire - celui du Traité de Rome en 1957, celui de l’Asean en 1967, celui des relations entre l’Europe et l’Asean 10 ans plus tard. L’une des perspectives privilégiées ici est de sonder l’image qu’on se fait de l’Union Européenne à Singapour et, plus largement, dans le contexte de l’ASEAN. L’autre est de partir à la rencontre des Européens qui vivent à Singapour. L’Europe est-elle soluble à Singapour ? La question peut paraître incongrue tant les institutions – représentation de l’UE, Eurocham, ASEF, …- se multiplient, déployant leurs efforts pour tisser des liens entre les pays européens, Singapour et l’Asean. Elle l’est peut-être moins quand il s’agit de vérifier si l’idée européenne constitue ou non, pour les Européens vivant à Singapour et pour les filiales locales d’entreprises européennes, le ferment d’une communauté et le vecteur d’échanges, de collaborations et de synergies. Singapour, cité Laboratoire, s’offre une fois encore comme un terrain d’étude pour déterminer si l’Union européenne brille ou non par son modèle, si les initiatives des pays membres s’inscrivent localement dans une forme de coopération ou dans une pure compétition, et si les européens expatriés à Singapour ont tendance à vivre ensemble ou bien à s’ignorer. Vivre à Singapour - Ces Rues qui ont un nom français Les rues de Singapour sont à l’image des habitants de cette ville : cosmopolites, culturellement différents et cohabitant en harmonie. Même si les français n’ont pas été comme nos voisins anglais associés à la construction de la cité du Lion, des personnages illustres ont néanmoins laissé leurs traces dans l’histoire de Singapour où certains ont imprimé à jamais leur nom. Visite des rues françaises jalonnant Singapour.
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NAVI RADJOU L’innovation frugale au service de la cité intelligente

Intelligente, frugale, astucieuse… l’innovation, dans tous ses états, était au cœur des débats lors de la conférence « Wise innovation » organisée à Singapour le vendredi 7 octobre, à l’initiative de la Chambre de Commerce (FCCS) et avec le support de Bolloré Blue solution. Au programme, une présentation de Navi Radjou, auteur de « Frugal Innovation- How to do better with less ».  Cerises sur le gâteau : 3 tables rondes consacrées respectivement aux stratégies d’innovation, à la mobilité intelligente (smart mobility), et à la globalisation intelligente (smart globalisation), ou à quelles conditions les « smart solutions » développées à Singapour peuvent être exportées ensuite vers d’autres pays-régions.

Navi Radjou s’est acquis une réputation internationale, comme consultant et conférencier, dans le domaine de l’innovation frugale, auquel il a consacré plusieurs livres parmi lesquels « Jugaad innovation » ou « Innovation frugale – Comment faire plus avec moins ». Intervenant à Singapour le 7 octobre 2016 dans le contexte de la conférence « Wise innovation- a journey  toward smart society » organisée par la Chambre de commerce française (FCCS) – sa présentation avait valeur de stimulant à la réflexion et aux échanges entre des participants venus de multiples secteurs de l’économie pour débattre de l’innovation au service de l’émergence d’une cité intelligente, efficiente et agréable à vivre.

Qu’est-ce que l’innovation frugale ? C’est, en substance, l’art de faire plus avec moins. Navi Radjou fait le constat que l’innovation mobilise souvent des dépenses extrêmement lourdes dont le retour sur investissement n’est pas toujours à la hauteur des attentes. En 2015 les dépenses de R&D cumulées aux Etats-Unis, en Europe et Asie ont représenté un investissement global de 6880 Milliards de dollars US. Mais, indique le champion de l’innovation frugale, ces dépenses sont souvent consacrées « à réinventer la roue » et ne débouchent pas, d’un point de vue systémique, sur des améliorations proportionnelles aux ressources mises en oeuvre. Ainsi, à titre d’exemple, les investissements dans la recherche médicale et pharmaceutiques aux Etats-Unis ne se traduisent-ils pas, dans les chiffres, par la baisse d’un indicateur aussi fondamental que celui de la mortalité infantile. Tout se passe, souligne Navi Radjou, comme si les dépenses de R&D fonctionnaient comme un vaste panier percé. La question propose-t-il est la suivante: pouvons-nous trouver des solutions pour réduire ces fuites ? Et s’il était possible, suivant l’inspiration d’un Lavoisier pour qui « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme », de considérer l’économie de manière circulaire et de faire plus avec moins, c’est à dire de concevoir des produits et services qui créent plus de valeur tout en consommant moins de ressources.

Né à Pondicherry, Navi Radjou a fait des études à l’Ecole Centrale de Paris et à Yale et vit depuis 1998 aux Etats Unis. L’avantage, indique-t-il, d’avoir grandi dans un pays émergent est qu’il y a été sensibilisé et entrainé dès le plus jeune âge à la pénurie ou la rareté des ressources, certaines aussi vitales que l’eau, et, par conséquent, à trouver des manières intelligentes de faire plus avec moins. Confronté aux insuffisances des efforts de Recherche & Developpement, Navi Radjou ,évoquant son parcours personnel, indique que, à ce stade, il a ressenti le besoin de se reconnecter avec ses racines ; celles d’un environnement dans lequel tout manquait, à l’opposé de celui dans lequel il vit aujourd’hui (à Palo Alto). Les pays émergents, à commencer par l’Afrique, constituent selon lui des territoires privilégiés pour la mise en œuvre d’innovations frugales, dont les résultats peuvent aussi, ensuite, être exportés vers les pays développés.

Faire plus avec moins. La formule met en équation la production de valeur (économie, social, environnement) et les ressources (capital, énergie, temps) mises en œuvre pour l’obtenir. Comme le suggère Navi Radjou, cette formule est intéressante mais pas révolutionnaire quand numérateur et dénominateur sont affectés d’un facteur 1. La démonstration prend une dimension totalement différente quand on imagine des facteurs 10, 100 ou 1000 ( Super disruptive innovation : produire 1000 fois plus de valeur en utilisant 1000 fois moins de ressources). Et Navi Radjou de citer des exemples illustrant la faisabilité de ce type d’innovation, tel qu’un dispositif conçu pour l’Afrique, (cf Photo ci-contre) permettant de remplir les mêmes fonctions qu’un incubateur pour les nouveaux nés prématurés, pour un coût de 20 US$ soit 1% du coût d’un incubateur (2000 US$).

Proposé aux participants à la conférence le concept de Wise innovation, selon Navi Radjou se distingue de sa consoeur, seulement smart, par le fait qu’il s’agit de « comprendre ce que l’on fait ». Un engagement qui invite à reconsidérer la pertinence d’un indicateur tel que le Produit National Brut qui ne prend pas en compte des aspects qualitatifs tels que le développement humain ou les aspects sociaux économiques, et à envisager l’innovation dans le cadre des smart cities, en mettant l’accent non plus simplement sur le confort matériel mais aussi sur la réalisation de son potentiel et des talents et le transfert aux générations futures. Une perspective qui propose de rompre avec la vision de consommateurs passifs pour lui substituer celle de « prosumers », consommateurs actifs, partie-prenantes, par exemple dans le cadre des Makers fairs qui se multiplient, des processus de conception et de réalisation des produits et services.

Proposée dans l’écrin vert de la « cité dans un jardin », l’intervention ne pouvait se terminer sur autre chose que l’invite iconoclaste d’une « learning expedition » au jardin botanique : la Nature comme source d’inspiration. « Dans la Nature, souligne Navi Radjou, tout est partagé. Il y a une sorte de symbiose industrielle. Chaque arbre, par exemple, produit 20 services qui bénéficient à son environnement ».

Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 12 octobre 2016
 
Le sujet des smart cities est l’un des centres d’intérêt privilégiés de la FCCS qui compte un comité dédié à ce sujet pour favoriser les échanges d’information, d’idées et d’intérêts dans ce domaine. En 2015, à l’initiative de la FCCS, un portfolio a été réalisé mettant en scène 150 French smart city solutions pour Singapour.
 

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EDUCATION - Le grand dessein de la Strate School of Design à Singapour

Championne de la French Touch dans le domaine du design, Strate School of Design, l’une des meilleures écoles au monde, s’installe à Singapour en y implantant un campus en partenariat avec SIM Global Education. L’occasion de revenir avec Jacques Malz, Directeur de l’Ecole à Singapour, sur les raisons du succès du design comme parcours de formation et comme outil de transformation de la société, ainsi que sur les enjeux particuliers qui lui sont attachés à Singapour dans le cadre du concept de Smart city. 
 
Qu’est-ce que le concept de design recouvre concrètement ?

Jacques Malz - Le design pâtit souvent d’un problème de représentation sémantique dans la mesure où il est spontanément associé au design intérieur ou à l’idée de beauté de l’objet. Le design va au-delà de cela. Il est un état d’esprit et une méthode de résolution de problèmes. Tous les problèmes, qu’ils soient grands ou petits, de nature privée ou publique, professionnels ou personnels.  Le design est une méthodologie iconoclaste et une pratique. Il procède en commençant par questionner et déconstruire la réalité pour donner libre cours à la créativité, avec comme objectif ultime, la recherche de solutions concrètes. Les designers sont des personnes ayant une forte ouverture sur le monde qui veulent apporter une contribution, en donnant des clés de lecture simples pour lire et vivre des réalités de plus en plus complexes.

En quoi le design est-il au cœur des transformations de la société?

- Le monde change. Le design est une des clés, sinon la clé pour anticiper une vie meilleure au service des citoyens. Je cite ici le Premier ministre Lee Hsien Loong lors du lancement du programme Smart Nation : ‘Construire une Nation, non pas sur le nombre de citoyens, mais par une culture et un état d’esprit basés sur l’expérience. (..) par une approche disruptive (..) en poussant en permanence les limites du possible’. Difficile de trouver une meilleure illustration du rôle-pivot du Design dans la transformation des sociétés.

A titre d’exemples, dans le secteur des transports ou dans celui de l’énergie, pour ne citer que ces deux domaines, nous sommes en train de vivre une formidable dynamique de changement qui aura un impact déterminant dans notre vie de citadin. Le métier des constructeurs automobiles se transforme. De fabricants de véhicules, ils doivent évoluer vers le statut de concepteurs de mobilité, notamment en prenant en compte tout ce qui touche à l’intermodalité. Sur le plan énergétique, Il y a un mouvement de fond des producteurs et fournisseurs d’énergies traditionnelles vers les énergies renouvelables et des systèmes de distribution énergétique intelligents. .
Ces entreprises ont bien compris que la réussite de leur stratégie de transformation passe par l’intégration du Design, de la conception à la réalisation.
Strate School of Design a annoncé qu’elle allait s’installer à Singapour.  Quelle forme va prendre cette installation ?
- Le projet d’installation de Strate à Singapour est à la fois la première extension internationale de l'école et le premier exemple de croissance organique au sein du groupe Galileo Global Education, qui opère en France sous le nom de Studialis. Concrètement, il s’agit d’ouvrir un campus à Singapour dans les locaux du Singapore Institute of Management (UniSIM).  Le projet comprend deux axes : un axe de formation initiale avec l’organisation d’un programme de Master en Design au sein de SIM Global Education (démarrage fin 2017), et un axe de formation permanente (Executive Education) dans le domaine du design thinking et de l’innovation.

La French Touch est-elle une référence dans le domaine du design ?

- Strate revendique la French Touch dans le domaine du design. Il y a une singularité française dans ce domaine qui est liée au mix de l’excellence de l’ingénierie, de la culture et de l’esthétique à la française, à la confrontation d’idées, et à la France comme pays des droits de l’homme.

Pourquoi Singapour ?

- Parce que, en plus d’être un living lab, il y a une volonté politique et les ressources économiques associées. En clair, il s'agit une expérience grandeur nature des projets de l’homme dans la ville. Et dans des conditions d’efficacité que, nous, résidents à Singapour, connaissons bien.
Le design constitue par ailleurs la pierre angulaire du projet gouvernemental de smart nation. Cette dynamique est activement soutenue par le gouvernement qui, en partenariat notamment avec des entreprises françaises, développe des solutions permettant d’exploiter les Big Data et des systèmes de données complexes. L’un des exemples récents est le partenariat avec Dassault Systèmes, qui a entièrement modélisé en 3D un quartier de Singapour, créant ainsi un formidable outil d’aide à la décision dans les domaines de la planification urbaine, du développement des infrastructures ou la conception de systèmes de transports multimodaux. Avec cet outil, Il est désormais possible de simuler en 3D l’impact, à l’échelle par exemple d’un immeuble, de solutions de type solaire ou  végétalisation, en croisant les variables avec des données sociologiques, topographiques ou météorologiques. Mais la vision de la Cité, et les processus de décisions passent par le projet collaboratif avec les designers. De A à Z.
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Singapour a la réputation de se donner rapidement les moyens de ses ambitions. Comment procède-t-elle dans le domaine du design, particulièrement sur le plan éducatif ?

- A l’origine, il y a eu, au début des années 2000, une réflexion stratégique du gouvernement avec pour objectif de mettre l’innovation et le Design au cœur du développement de la Nation.  De fait, il y a eu la création du National Design Centre, celle de programmes dédiés dans les établissements d’enseignement supérieur et même la création d’une université spécialisée orientée vers le design industriel, la SUTD - Singapore University of Technology and Design-, fondée en partenariat avec le prestigieux MIT. Dans l’ensemble, les formations proposées sont essentiellement de niveau BTS (dans les Polytechnics) ou Bachelor.

Le 31 août dernier, Strate a signé un partenariat avec Social Innovation Park (SIP) dans le domaine de l’innovation sociale. De quoi s’agit-il ?

- Il s’agit d’être au cœur de l’innovation sociale par la méthodologie du design. C’est un partenariat très dynamique qui se traduit effectivement par des actions et des projets. SIP aide Strate à constituer des « Focus groups » dans le cadre de projets pour nos entreprises partenaires. Parallèlement, Strate forme les cadres et les partenaires de SIP à sa méthodologie du Design Thinking. A titre d’exemple il y aura prochainement une expérience permettant aux voyants de faire, en grandeur réelle, l’expérience des non-voyants dans un parcours mixte piéton-transports en commun. Y participera le Ministre du Transport et de l’Education.

Vous venez de rejoindre Strate comme directeur du campus de Singapour. Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette aventure ?

- A titre personnel je suis extrêmement attaché à ce projet d’implantation de Strate à Singapour, car j’ai toujours eu la conviction que le projet de société harmonieuse passe par le projet éducatif. A cet égard, le design constitue une forme de synthèse heureuse entre mon expérience professionnelle acquise pendant 20 ans dans le monde industriel et mon aspiration à participer à un projet de société. Le design fait appel aux sciences humaines, au management et à la technique. Il permet de projeter un avenir meilleur sur tous les compartiments de la vie. Cette nouvelle responsabilité me transcende. Elle est la synthèse de mon éducation, de ma culture et de mon expérience. Je peux l’utiliser dans tous ses aspects, sans restriction ni censure.
Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mardi 15 novembre 2016
 
Encadré : Strate School of Design - « Rendre le monde plus simple, plus juste, plus beau. »

Créée en 1993, Strate était au départ une école de design industriel. Elle a rapidement évolué pour prendre en compte le design comme une méthode  stratégique de l’innovation et de la transformation.
L’école compte plusieurs programmes de formations : un master en 5 ans de Designer, plusieurs masters, dont deux enseignés en anglais, ou un Bachelor modelage 3D, une compétence très demandée, particulièrement dans le secteur de l’automobile et du luxe.
Strate possède à ce jour 38 programmes d’échanges internationaux avec les meilleurs Universités ou écoles de Design. Strate possède également une offre de Masters en Recherche ou de Spécialisation, avec des partenaires comme Arts et Métiers ParisTech, Telecom ParisTech, l’Institut d’Optique (ex SupOptique) ou Paris Diderot.
L’école fait partie du top 60 mondial des écoles de design dans le classement de Business Week. Elle est l’une des 5 meilleures du monde dans le segment particulier des transports et de la mobilité.
Elle fait partie du Groupe Galileo Global Education, spécialisé dans l’enseignement supérieur, dont la marque en France, Studialis, regroupe des écoles telles que la Paris School of Business (management), Penninghen (Arts Design graphiques) ou le Cours Florent (théâtre).

Quel parcours l’école offre-t-elle aux étudiants ?

Jacques Malz - Il s’agit d’un campus plus que d’une école. Elle dispose bien sûr d’un Computer Lab (graphisme, 3D, RA/RV,…) mais aussi d’un Fab Lab où les étudiants viennent travailler les différentes matières en utilisant imprimantes 3D, machines de découpe laser et ou outils à commande numérique (CNC). Le projet de l’école est de placer les étudiants en interaction permanente entre cours et pratique. Une très forte proportion des professeurs est constituée de professionnels reconnus. Dans le cadre de leur cursus, les étudiants multiplient les occasions d’être exposés aux contraintes et enjeux véritables des entreprises. C’est une formation au design en action. Pour illustration, Par exemple les étudiants sont appelés à réaliser en petits groupes des missions jusqu’à 5 mois, à partir de « briefs » d’entreprises ; le cahier des charges leur demandant de restituer à l’entreprise concernée 5 ou 6 solutions abouties.
Strate travaille aussi avec des incubateurs de start-up tels que Schoolab, en France, au travers du programme CPI (Centrale-Supelec, Strate et ESSEC), qui permet à des équipes mixtes de travailler pendant 6 mois sur des projets opérationnels et projectifs. A l’issue de nos formations, beaucoup d’étudiants se lancent en créant leur start-up.

Pourquoi se former au design aujourd’hui ?
- C’est une filière en pleine expansion, au sortir de laquelle les jeunes diplômés n’ont aucun souci d’insertion professionnelle. De plus en plus, les dirigeants ont compris que le design était est la clé de la réussite aussi bien sur le plan stratégique qu’opérationnel. La formation des designers est conçue comme la formation des leaders et dirigeants des entreprises et institutions de demain.

Qu’est-ce qu’on y apprend ?

- Au sein de l’école de design, les étudiants apprennent à imaginer un futur vivable et heureux en intégrant les dimensions de l’innovation et du changement. Il s’agit de les préparer à concevoir et appréhender les transformations qui se déroulent sous nos yeux. Dans le cadre de leur cursus Master en 5 ans, les étudiants doivent, à partir de la 3eme année, choisir un enseignement de spécialité (majeure) parmi les suivantes : Produit, Mobilité, Interaction, Espaces, Identité (Branding), Immersion (Réalité Virtuelle, Réalité augmentée. ).
Le cursus comprend, pour au moins 1/3 du syllabus, des enseignements dans des domaines tels que les sciences humaines, la sociologie, l’ethnologie, la sémiologie, le management et la culture générale. Un accent très fort est aussi mis sur la communication, car il n’y a pas de bon projet sans un bon pitch. Il s’agit d’associer la technique à une approche philosophique de l’univers. C’est la formation de l’honnête homme moderne, mais en moins naïf, parce que les étudiants sont en prise continue avec le monde industriel et qu’il s’agit de délivrer.
Mais concevoir et délivrer des solutions d’avenir, sans observer le monde actuel, a peu de sens. Par exemple, un groupe de 16 de nos étudiants, parrainé par un groupe de luxe français, est ainsi parti, sans brief ultra précis, pour un voyage de 3 mois en Inde au terme duquel il s’agit d’identifier des pistes d’innovation frugale.

Comment intègre-t-on l'école?

L’école forme des jeunes, pour l’essentiel recrutés après le bac. La nouvelle promotion 2016 accueille 120 étudiants. Bien sûr, les passerelles académiques (admissions parallèles) existent pour les titulaires de certains diplômes (Mastère 1, etc.). L’école est ouverte à tous les parcours. Les étudiants doivent démontrer une capacité à s’intéresser aux enjeux du monde. Dans les faits, ce qui compte avant tout,  c’est la personnalité de l’élève.

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Singapour n°8 - Côté mer

Singapour  n° 8 - Coté mer

Rêve de lieux branchés et cosy, de tissus légers,  de paysages ensoleillés tendrement rafraichis par la brise et l’ombre des banyans. Rêve d’une ile tropicale, dont les plages de sable blanc s’étireraient à l’infini pour se perdre ensuite avec le ciel et la mer. Rêve de mer aux eaux turquoises, de farniente et de sports nautiques.  Et si la relation de Singapour avec la mer était plus complexe que cela?

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L'Education au sommaire du N°6 de SINGAPOUR

Dans les tests internationaux (PISA) ou les classements des pays en fonction de leur capacité à attirer, développer et retenir les talents, Singapour fait la plupart du temps la course en tête, souvent au coude à coude avec la Suisse et en compagnie des pays d'Europe du Nord. Mais qu'ont donc Singapour et les Singapouriens pour afficher une réussite aussi insolente?
Le magazine SINGAPOUR, une publication de lepetitjournal.com/singapour Au sommaire de ce numéro 6: un dossier sur l'Education à Singapour avec un titre le prix de l'excellence qui dit bien la qualité exceptionnelle du système éducatif singapourien, que reflète l'omniprésence de la cité Etat dans le peloton de tête des classements internationaux, mais aussi que ces bons résultats ont un coût: stress, cours privé,....

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LES 50 GLORIEUSES- N°3 spécial du magazine SINGAPOUR

Le Troisième numéro du magazine SINGAPOUR vient de sortir, avec un dossier central, clin d’œil au 30 glorieuses, consacré aux 50 années qui ont fait le Singapour d’aujourd’hui . Le magazine 100 % Red Dot du lepetitjournal.com est gratuit. A lire et à faire passer pour cultiver l'art de vivre dans la Cité-Etat.
50 années, 50 glorieuses.
La formule de Jean Fourastié n’a pas pris une ride pour décrire la fabuleuse période de croissance et de transformation qu’a connu Singapour depuis son indépendance.
Petite Red Dot à l’extrémité de la péninsule malaise, la cité Etat s’est,  grâce à ses fondateurs, et au premier chef, à Lee Kuan Yew qui, de 1959 à 1990, à été à la tête du pays, inventé un destin autonome qu’elle n’avait pas souhaité. Elle a magistralement transformé l’essai, faisant de ses faiblesses un avantage, jouant à fond l’intégration dans le jeu mondial, planifiant tout et se réinventant sans cesse. A voir ce qu’elle est aujourd’hui, on peine à imaginer la réalité en 1965, ni les difficultés auxquelles elle s’est trouvée confrontée en chemin. Singapour, en 2015, brille sur tous les fronts. Mais à l’instar des 30 glorieuses ailleurs, la cinquantaine marque le passage à une certaine maturité.... 
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Le magazine SINGAPOUR est une nouvelle publication de l'édition du site lepetitjournal.com/singapour.  Dossiers déjà publés: la culture (N°1- Singapour, Cité de la Renaissance), l'architecture et l'urbanisme (N°2) et les 50 glorieuses (N°3). Publication 3 fois par an en Février, Mai et Novembre. Magazine en français tiré à 4000 exemplaires.

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