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Création d'entreprise: solitude et réseau

Comme dans les courses à la voile, l’aventure de la création peut être tentée en équipage ou en solitaire. Mais alors que le choix de rester seul est, en matière de régate, guidé plutôt par la personnalité du skipper et par son degré d’expérience, la décision de créer son entreprise en solo est souvent liée à l’impossibilité de faire autrement (pas d’associé potentiel, pas de moyen) et ne concerne pas, loin s’en faut, que des personnes aguerries et cherchant la solitude. Pour les créateurs qui ne possèdent ni toutes les compétences requises dans le métier qu’ils abordent, ni l’envie d’avancer seul, ni l’énergie pour prendre en charge l’ensemble des dimensions de leur projet, le réseau peut se révéler non seulement un précieux support mais aussi un véritable avantage stratégique.

Demandez à un néo-entrepreneur ce qui, dans sa nouvelle situation, lui pèse le plus ; il répondra souvent : la solitude! Certes, cette singulière compagne a ses charmes - indépendance, autonomie, flexibilité -, et l’on ne s’étonne pas que les candidats à la création y succombent promptement, vivant les premiers mois une véritable lune de miel. Mais elle le fait payer ensuite bien cher. Le parcours du créateur est long, et semé d’une multitude d’embuches qui ne sont pas seulement administratives. Chef d’orchestre spontané, artiste et régisseur le créateur doit assumer tous les rôles, prendre en main chaque instrument, harmoniser l’ensemble, s’occuper de la régie, voire nettoyer la salle. Naviguant à vue sur une mer avare de repères et souvent peu nourricière, il s’éloigne, parfois très loin, des normes de l’emploi classique, et plus il s’égare plus il rencontre, de la part de ses proches, incompréhension et doute.

La vérité est qu’on a la compagne que l’on peut. Quand l’idée de création ne nait pas d’emblée de l’imagination de plusieurs, le créateur n’a guère les moyens de s’entourer, de faire appel aux conseils d’experts, de recruter et de partager les tâches. Pour l’ancien manager devenu entrepreneur, par exemple lors d'une mobilité internationale, le changement de perspective peut-être vertigineux: tous les supports dont il jouissait sans y penser se sont évaporés, ses relations d’affaires ne sont que de lointains souvenirs, et le temps même paraît se distendre, tantôt trop court pour ce que le créateur a à faire, tantôt démesurément long quand il s'agit de ce que d’autres ont promis.

Investir dans le réseau pour ne plus être seul

Face aux affres de la création et à la solitude du néo entrepreneur, le réseau constitue un moyen simple de se ressourcer, d’échanger avec d’autres et de partager ses expériences. Il permet encore de mettre certains moyens en commun ou d'initier des partenariats. Le premier avantage du réseau, c'est qu’il vous ressemble: vous êtes entre créateurs et pouvez vous honorer d’une mutuelle reconnaissance. Le second intérêt, c'est qu’il est gratuit, au moins dans un premier temps. Travailler en réseau permet d’apporter des réponses concrètes à des questions ou pseudo impasses cent fois ressassées. Le réseau est générateur d’informations. Il peut être un moyen d’approfondissement dans son parcours de créateur, voire dans son propre domaine d’expertise. Il peut enfin apporter des ressources et compétences qui brisent l’encerclement d’une activité toute entière construite sur la base de ses seuls talents.

Choisir son réseau

Choisir c'est toujours se priver, mais c'est aussi gagner du temps pour aller à l'essentiel. Les réseaux sont nombreux.Ils ont leurs propres usages et leur culture. Vous vous trouverez sans doute immédiatement à l'aise dans un réseau ou au contraire avec le sentiment d'un décalage. Choisissez celui qui vous convient. Ne craignez pas de ne pas participer aux réseaux soi-disant incontournables si ils ne vous attirent pas. Allez au contraire vers les personnes avec lesquelles vous avez des affinités, auprès desquelles vous vous sentez en confiance et avec qui vous trouverez logique de vous investir.

Quand le réseau devient lui-même une ressource stratégique

Lorsqu’il est solide, homogène mais divers, et organisé autour d’une activité commune, le réseau peut enfin révéler une dimension stratégique, inhérente à sa nature même. Songez, par exemple, à des consultants indépendants, tous installés à l’étranger et ayant créé leur propre activité. Ces derniers peuvent échanger, s’associer à plusieurs ou créer des partenariats qui porteront leurs offres respectives sur un territoire donné ou sur un ensemble de pays. Ils peuvent aussi mettre en valeur le réseau qu’ils ont formé et en offrir l’exploitation à d’autres sociétés qui, globales parce que leurs clients le sont, n’ont pas les moyens des plus grands cabinets, et ont pourtant besoin de relais locaux, partout où leurs clients leur demandent de réaliser des prestations.

A travers le réseau, un nouveau territoire s’offre donc aux créateurx. Il n’est certes pas simple à mettre en place, mais il est éminemment flexible et portable. Avis donc aux navigateurs solitaires qui rêvent d’une aventure en équipage.

 

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Mentoring et expatriation

mentoring

La mobilité internationale implique changement, séparation, découverte et adaptation. Dans ce processus, il est important de pouvoir échanger : partager ses enthousiasmes, confronter ses idées, ses questions et ses doutes. Certains le font avec leurs collègues ou leurs proches. D’autres peuvent compter sur le support d’un coach, d’un formateur ou d’un expert. Une troisième manière est de le faire avec un pair qui, dans le cadre d’une relation de mentoring, est prêt à partager son expérience et à apporter support, conseil et encouragement.

Dans le contexte de la mobilité internationale, le mentoring est une solution adaptée à des situations très variées. Dans l’entreprise, le mentor peut avoir un rôle de facilitateur, non seulement sur le plan de l’adaptation au nouvel environnement de travail ou au nouvel emploi, mais aussi sur le plan des relations avec le siège et de la gestion de carrière. En dehors de l’entreprise, il peut s’agir de faciliter la mobilité et la découverte d’une nouvelle vie dans le pays hôte,de supporter une personne en phase de recherche d’emploi ou de création d’entreprise, ou encore d’aider un manager à identifier les codes culturels et les pratiques managériales de son entreprise.

Le projet mentoring

Nous lançons dans ce contexte une initiative pour favoriser le mentoring entre les membres de Dualexpat.  Que vous souhaitiez participer à cette initiative en tant que mentor ou mentee, nous vous proposons de nous rejoindre en adhérant au groupe mentoring ou en nous adressant un e-mail

En fonction de vos attentes et de vos suggestions, nous serons amenés à lancer des programmes de mentoring autour de thèmes particuliers.

Partenariat avec EPWN

Le premier de ces programmes est organisé en partenariat avec EPWN - European Professional Women Network, réseau professionnel de femmes managers et entrepreneurs en Europe. Il s’inscrit dans une démarche d’extension à l’Asie des opportunités offertes par ce réseau à ses membres (EPWN goes to Asia). Il consiste à mettre en relation des femmes entrepreneur(e)s ou futures entrepreneur(e)s en France avec leurs homologues en Asie, dans une logique de partage d’expérience et de support à des projets de développement en Asie. Ce programme est ouvert aux membres d'EPWN et de Dualexpat.

Pour aller plus loin:

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Travailler avec les autres en Asie

L'expatrié qui arrive en Asie est d'emblée confronté à une réalité: ses collègues de travail ont changé. Une révolution copernicienne où l'on se retrouve en minorité, où les repères classiques sont bouleversés, où l’on est confronté à une abondance de messages dont on ne maîtrise pas tous les codes. L'occasion pour beaucoup de découvrir avec appétit les richesses et défis d'une Asie qui souvent fascine, mais aussi d'être confronté à une multitude de situations insolites mêlant intérêt, perplexité, humour et plaisir. Un parcours d’apprentissage qui conduit invariablement à une reconnaissance de ses propres référentiels pour mieux embrasser les différences, reconnaître les spécificités des cultures rencontrées et faire émerger des solutions pour travailler ensemble efficacement.

Avec la montée en puissance de la Chine et de l'Inde, et le succès des tigres asiatiques, la région Asie est devenue pour les entreprises comme pour les professionnels un centre d'activités actif et une destination  attractive. Mais pour passionnante que soit l'expérience, travailler en Asie ne va pas de soi et l'expatrié doit savoir mesurer son bonheur au nombre des défis surmontés.

La première difficulté est celle de la langue. Adieu la facilité et les repères commodes. Il faut, sauf exception, plonger d'emblée dans un nouveau bain linguistique; un exercice où ceux et celles qui parlent bien l'anglais auront plus de facilités, mais pour lequel l'anglais académique ne sera pas suffisant car, hormi à Singapour ou Hong Kong, il s'agit désormais de travailler avec des collègues pour lesquels l'anglais est une seconde langue, et qui parfois ne maîtrisent pas d'autre idiome que celui de leur pays. A ce jeu les français, qui souvent brillent par leur accent, ne sont paradoxalement pas si défavorisés: dans un certain nombre de cas, leur anglais est plus compréhensible que celui des natifs de la langue de Shakespeare.

Vient ensuite l'adaptation culturelle, la confrontation à une variété de situations ou d'expériences qui, tel le ressac de la marée, va seulement vous mouiller les pieds, ou bien vous surprendre et vous submerger. L'Asie de ce point de vue présente un avantage: les différences ne sont pas dissimulées sous un vernis de fausse familiarité; on y est confronté d'emblée à des modes de relation, un rapport à la hiérarchie, certains aménagements du bureau ou de l'organisation,... qui vous rappellent que vous êtes dans un environnement de travail profondément modifié. Ces différences suscitent d'abord l'intérêt, mais elles peuvent aussi être irritantes: l'interculturel ne relève plus des concepts théoriques - salutations, statut, Guanxi, perdre la face,...- il fait désormais irruption sur le terrain quotidien et "frotte" quand il débouche sur des problèmes de performance de l'équipe.

Une conclusion s'impose: mieux vaut être motivé. "Je l'ai constaté en voyant d'autres Français qui n'avaient peut-être pas expressément choisi de venir en Chine" souligne Laure, jeune professionnelle récemment arrivée à Singapour après un séjour à Shanghai, "ils étaient moins ouverts que je l'étais à leur environnement quotidien. A l'évidence, cela se passait moins bien pour eux"

"Mon expérience en Asie m'a amenée à être beaucoup plus précise" indique Cécile, DRH d'un groupe français implanté en Asie. "Au début j'ai pu prendre les assentiments pour des marques d'accord et d'engagement. J'ai fait l'expérience que les choses ne suivaient pas. A l'analyse les personnes n'avaient pas compris, disaient "oui" et ne faisaient rien". "désormais, je passe beaucoup de temps à expliquer. Je rentre dans le détail et déroule l'ensemble du processus. Les personnes avec lesquelles je travaille ont besoin de cette précision. Après quoi, elles sont d'une efficacité remarquable dans la mise en oeuvre".

Dans cette période d'apprentissage, le risque est de s'enfermer dans ses convictions; de s'enliser dans une critique systèmatique de ce que font les autres, en comparant les manières de faire locales à ce qui se fait dans son pays, d'ailleurs souvent de manière très idéalisée. Le risque est aussi de s'enfermer dans des généralisations où l'on mélange pêle mêle tout et tout le monde, quels que soient les personnalités, les parcours ou les cultures d'origine.

"L'adaptation au nouvel environnement et à ses équipes entraîne un véritable effort", souligne Cécile. "La première démarche doit d'ailleurs être un travail sur soi, un exercice d'introspection qui permet, en comprenant mieux la façon dont on fonctionne soi-même, de se mettre à l'écoute de ce qui est différent chez les autres, de ce qui justifie cette différence et de ce qui en fait, potentiellement, une source d'enrichissement pour soi-même et pour le travail en commun". "Ce qui est d'ailleurs formidable, c'est quand on parvient ensuite, au sein de ses équipes, à un niveau d'intimité qui permet de faire de l'humour et de discuter ouvertement de certains aspects qui font partie de croyances fondamentales ou de sujets délicats: religion, politique..."

"L'important est d'avoir une attitude d'ouverture" précise de son coté Laure. "J'ai essayé de construire les relations en exploitant les points communs. Mes terrains privilégiés: le shopping, la cuisine et le Karaoké". "Cela a permis de construire avec mes collègues une complicité qui a beaucoup ouvert le champs de la relation".

 

Quand stratégie rime avec diversité

A l'origine de cet article: une vidéo dans laquelle Michael Porter, parlant de stratégie devant un parterre d'étudiants d'HEC en 2002, stigmatise un modèle de compétition "où tout le monde cherche à faire la même chose". La critique du modèle vaut sur le plan de l'analyse stratégique, mais elle peut être utilement extrapolée à la manière dont les entreprises concilient management des talents et diversité et fournir à chaque individu le moyen de considérer la carrière dans une perspective élargie.

 

Compétition et Stratégie

Selon Michael Porter, tel qu'il s'exprimait en 2002, les entreprises se livrent depuis 15 ou 20 ans une compétition intense "fondée sur un modèle erroné", "où tout le monde veut faire la même chose", conduisant à une spirale de destruction de valeur. Selon le Professeur d'Harvard, les causes de cette situation sont à rechercher dans 5 tendances qui, valides à un certain niveau, deviennent fausses lorsqu'elles sont systématisées: toutes les entreprises luttant pour la domination du marché, s'attachant à offrir à la fois la meilleure qualité et les coûts les plus bas, cherchant à être les plus rapides dans la conduite du changement, se livrant une concurrence pour la maîtrise des mêmes ressources critiques et partageant une passion identique pour l'outsourcing. Tout aussi trompeurs sont, par aileurs, les modèles de compétition qui ont été empruntés au domaine militaire ou à celui du sport.

"Dans le contexte militaire, la victoire d'une armée passe par la destruction de l'armée ennemie". "Ce n'est pas ainsi que fonctionne la compétition dans les affaires" rappelle Michael Porter. Dans le sport, "il y a une course, et il y a des participants. Il y a un terrain de jeu, une course, un vainqueur et une règle du jeu". "Dans le monde des affaires, il n'y a pas une seule manière de participer et de gagner, il y en a de multiples...". "Une entreprise reste toujours libre de choisir le terrain de jeu, le type de course, et les règles du jeu où elle a les meilleures chances de faire partie des gagnants".

Mais la difficulté majeure semble être en définitive que les entreprises n'ont plus une idée claire de leur raison d'être (créer de la valeur) et de leurs buts, supportée par une véritable stratégie. Grandir pour grandir n'est pas un objectif stratégique. Faire progresser le cours de l'action n'en est pas une non plus. Pour Michael Porter, 5 critères permettent de valider l'existence d'une stratégie: une offre distinctive ("quel type d'entreprise veux-je être?" dans un secteur déterminé, plutôt que "je veux être le meilleur"); une chaine de création de valeur différente; être sélectif, c'est à dire capable de faire des choix à différents niveaux; une approche systèmique, de préférence à une démarche en silo; et de la continuité, tant il est vrai qu'une entreprise ne peut exceller dans ce qu'elle fait si elle change constamment son offre.

Management des talents et diversité

Les mêmes critiques peuvent être appliquées à la manière dont les entreprises recrutent et gèrent leurs talents. Le marché de l'emploi est marqué par une très forte pression à la conformité. Les entreprises se font toutes concurrence pour recruter les mêmes profils, issus des mêmes écoles avec des parcours universitaires et professionnels identiques. Dans la compétition pour attirer les meilleurs talents, les jeunes diplomés d'écoles de commerce ou des formations d'ingénieur les plus prestigieuses monopolisent l'attention des recruteurs. Toutes les entreprises vont à la pêche dans les mêmes bassins, renforçant les phénomènes de rareté, entretenant l'uniformité des équipes et stimulant la hausse des salaires et le turnover. Les étudiants issus de formations moins prestigieuses, sans parler des diplômés issus d'autres filière que celles de la gestion ou des sciences de l'ingénieur, constituent des ressources largement sous valorisées.

L'uniformité est aussi au travail lorsqu'il s'agit de définir les parcours de carrière internes ou de spécifier les caractéristiques requises pour des emplois de management supérieur ou intermédiaire. la prise de risque est le plus souvent bannie. Le leadership est le Graal, et l'imitation prédomine: le meilleur candidat est souvent celui qui a déjà tenu la même fonction, ou dont le parcours de carrière est le plus proche des modèles en cour dans l'entreprise. Il n'est guère possible pour les managers de promouvoir d'autres styles de leadership, ni pour les équipes d'encourager d'autres comportements que ceux de leaders.

Paraphrasant les propos de Michael Porter sur la stratégie, il ne devrait pas y avoir un seul réservoir de talent pour le recrutement, il ne devrait pas y avoir non plus un seul modèle de parcours de carrière, et la simple reproduction du passé ne devrait pas faire figure d'idéal.

Au contraire, la diversité devrait être considérée par les entreprises comme un enjeu clé pour garantir leur prospérité dans un monde marqué par la globalisation et la rapidité des changements. Les entreprises sont de plus en plus engagées, mais avec des résultats variables, dans la voie de favoriser l'accès des femmes aux positions supérieures, construire des équipes multiculturelles, faciliter la coopération inter-générationnelle et accueillir des salariés venant d'environnements sociaux variés. Tous ces efforts sont louables. Ils devraient être intégrés dans une véritable démarche systèmique de gestion des talents et de la diversité, où toutes les dimensions du management des Ressources Humaines sont considérées comme les pièces d'un processus global, et où le concept de diversité est étendu aux  parcours de carrière, aux formes d'expériences (par exemple, la création d'entreprise, le travail en ONG), aux différents choix d'équilibre travail-vie professionnelle, et aux  styles de leadership.

Management individuel de carrière

Les propos de Michael Porter sur la stratégie devraient aussi avoir une forte résonnance auprès des personnes confrontées à des choix de carrière, à des décisions de mobilité internationale ou à une recherche d'emploi. Voici 3 leçons  simples qui peuvent être extraites de la contribution de ce spécialiste de la stratégie:

1- Il n'y a pas qu'une seule manière de gagner. Chaque individu est libre de donner sa propre définition du succès et de choisir le terrain de jeu, la course et les règles qui conviennent le mieux à ses talents et motivations et où il aura le plus de chance de remporter du succès. 

2- L'essentiel est de clarifier son ambition; ce qui met l'accent sur la nécessité pour chaque individu d'avoir une bonne compréhension de ses valeurs, motivations et ancres de carrière pour construire un projet professionnel pertinent et se donner les moyens de prendre les meilleures décisions à chaque étape.

3- Chacun peut construire sa propre stratégie de carrière/recherche d'emploi en utilisant la même démarche que les entreprises: une offre clairement distinctive (mon offre de services); une chaine de création de valeur différente (mes compétences et expériences); faire des choix (Qu'est-ce-que je veux faire vs qu'est-ce-que je ne veux pas faire); la consistence (s'assurer de la cohérence de ses démarches sur tous les terrains, y compris l'internet, ou l'on construit son image/sa marque); et enfin, la continuité.

 

Note: la video de Michael Porter est accessible sur I-Tunes U: Michael Porter- Strategy conference- HEC Paris

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Créer son emploi à l’étranger: comment choisir?

Tout projet de création commence par une idée. Quelle que soit son origine, il est souvent le rejeton d’une intuition ou d’un désir qui, avec le temps, a fait sa pelote, a muri et s’est approfondi. D’où partir en effet ? De ses compétences  ou des opportunités du marché? d’une activité classique ou d’une idée nouvelle ? Chaque démarche a ses avantages mais présente également des difficultés. Petit tour d’horizon des sources d’inspiration qui pourraient vous inciter à vous lancer.

 

Partir de ses compétences.

On peut créer une activité à partir de son métier. C’est à la fois raisonnable et extrêmement sensé. Vous connaissez bien le métier parce que vous l’avez pratiqué. Vous en connaissez les règles, vous possédez les compétences clés…

S’appuyer sur ses compétences permet, a priori, de partir en sécurité. De fait, le professionnalisme est, pour le créateur, un important facteur de réussite, et l'expérience du secteur vous a permis de créer un réseau de relations, à commencer par votre précédent employeur, qui vous sera fort utile. Encore faut-il prendre la mesure de ce qu’est la création et comment, en changeant d’environnement (se mettre à son compte, qui plus est à l’étranger), on modifie aussi profondément les conditions d’exercice de son métier. Partir de ce que l’on sait faire est logique mais ne devrait pas être automatique: le marché existe-t-il ? n’est-il pas trop encombré ? …

Partir de ce que vous aimez

Partir de que vous aimez relève aussi d’une saine inspiration. La création est affaire d’engagement et d’énergie, et la passion agit comme un moteur survitaminé. Après des années d’engagement dans un métier, on peut être tenté de faire autre chose, de marier son activité professionnelle à des centres d’intérêt jusque là réservés au privé, ou bien de faire marcher la machine à rêves. Prenez soin cependant de garder les yeux ouverts : le marché, pas plus que la littérature, ne fait beaucoup de cas des bons sentiments. Il faudra s’attacher à traduire en espèces sonnantes et trébuchantes ce qui jusqu’alors s’était ri des contingences d’argent.

Partir du marché.

Partir du marché démontre beaucoup de pragmatisme et la capacité à saisir les opportunités. Ces opportunités sont d’ailleurs nombreuses à l’étranger. Il suffit parfois de comparer le contexte du pays d’accueil à celui qu’on vient de quitter pour faire surgir, par contraste, des idées de produits et services à mettre en œuvre localement. Bonne pioche donc, à condition de ne pas oublier son tamis. Choisir d’ailleurs ce dernier à mailles larges pour sélectionner, parmi les idées, celles-là seules qui sont pertinentes. Une étude approfondie du marché et des facteurs clés de réussite vous indiquera si le projet a du potentiel, et si vous avez le potentiel pour le faire prospérer.

Partir d’une idée nouvelle.

Dans un marché encombré par les compétiteurs, partir d’une idée nouvelle est le bon moyen de se distinguer. Surtout si l’idée est bonne et qu’elle constitue une véritable innovation. Les success stories abondent de ces inventeurs de nouveaux produits ou services dont on se dit après coup : c’était tout bête, pourquoi n’y avais-je pas pensé? Mais les idées géniales ont aussi leur cimetière: celui des idées formidables qui n’ont pas trouvé leur marché, trop avant-gardistes ou trop loin du besoin. N’est pas Steve jobs qui veut, mais que serait Apple et le monde si Steve Jobs ne s’était jamais lancé?

 

Rester à l'écoute des opportunités

La recherche d'emploi à l'Etranger n'est pas simplement la transposition dans un autre pays d'une démarche qu'on sait d'ailleurs pas facile dans son pays d'origine. Le succès appartient souvent à ceux qui prennent du recul par rapport à leur schéma de carrière traditionnel pour être réceptifs aux opportunités du pays.

En premier lieu, il faut bien reconnaitre que le projet qui est derrière la recherche d'emploi peut être coloré de manières extrêmement différentes en fonction de la situation familiale et professionnelle des intéressés et du pays concerné.

Au delà, l'attention devrait se porter sur les éléments suivants:

  • Le contexte légal du pays d'accueil: qu’est-ce que j’ai le droit de faire? Quelles sont les formalités de visa-autorisation de travail? Ma profession est-elle soumise à une règlementation particulière? …
  • Le contexte économique: en quoi mes compétences prennent-elles un relief particulier dans le pays d’accueil? Quelles opportunités le pays/ la situation d’expatriation offre-t-ils que le pays d’origine n’offrait pas?
  • Lorsque le pays d’accueil ne permet pas une continuité de carrière logique, quelles sont les compétences que je peux développer dans un autre contexte/secteur, qui soutiendront à moyen terme mes objectifs de carrière.
  • Le fonctionnement du marché de l’emploi et le process de recrutement: qu’est-ce qui fonctionne différemment de mon pays d’origine. Quelles adaptations prévoir (CV,..)? Quels compléments de formation incontournables ou simplement judicieux (langue, métier…)? Quels entraînements (entretiens de recrutement, networking, …)

Répondre à ces questions peut s'avérer plus judicieux que le déroulement du programme standard d'un accompagnement à la recherche d'emploi. Certes l'inventaire du parcours professionnel et de ses étapes clé, le repérage de ses compétences et l'identification de ses "moteurs de motivation" constituent des étapes clés de l'élaboration d'un projet professionnel pertinent. Mais le succès de la recherche d'emploi dans un pays d'expatriation tient souvent moins à la rationalité des choix et à la cohérence de son parcours, qu'à la capacité de s'adapter au contexte du pays pour en faire ressortir, au milieu du fatras de contraintes et d'impossibilités, les opportunités concrètes. Dans cette perspective, l'important est de ne pas s'isoler dans la tour d'ivoire de ses attentes et exigences de carrière.

Le succès à l'Etranger impose parfois certaines ruptures: changer de secteur, travailler autrement, créer son activité,... L'essentiel est de trouver du plaisir dans ce qu'on fait et d'exploiter à fond son activité professionnelle pour optimiser son expérience d'expatriation. il est bien rare qu'à l'arrivée, n'en déplaise aux tenants d'un parcours rectiligne, ces expériences ne débouchent pas sur de nouvelles compétences susceptibles d'enrichir la pratique de son métier de référence ou d'envisager de nouvelles pistes.

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CV: soigner son message

On peut s’interroger sur les meilleures manières de rechercher un emploi. On peut être impatient, anxieux ou désemparé et, tel le naufragé, envoyer des dizaines de bouteilles à la mer en espérant qu’un jour, sur le vaste océan de l’emploi, il se trouvera un capitaine qui la trouvera enfin et viendra vous chercher. Mais l’océan est grand. Les capitaines sont rares. Ils naviguent sur des mers où les bouteilles abondent. Quelles sont les chances que l’un d’eux en attrape une ? Et quand il le ferait, quel message y trouvera-t-il ?

Imaginons que votre bouteille soit arrivée à destination et que vous ayez réussi à capter l’attention d’un capitaine. Vous voulez non seulement qu'il lise votre message mais aussi qu’il vienne vous chercher;  en d'autres termes qu’il vous propose un rendez-vous. Il n'est sans doute prêt à consacrer que quelques secondes à la lecture de votre CV. Quel message va-t-il y trouver qui lui donnera envie de vous rencontrer? Le capitaine peut être bon homme. Il n’en est pas moins capitaine d’un navire et de son équipage. Partir vous chercher risque de lui coûter. Il faudrait sans doute qu’il soit attiré par un « fameux » trésor pour qu’il consente à le faire.

Vous connaissez la réponse : Le trésor, c’est vous ! Ce sont l’expérience acquise et les compétences particulières que vous saurez mettre à sa disposition, pour que le navire soit plus performant, l’ équipage plus efficace ... Convenez cependant que le principe de la carte au trésor ancienne formule, avec son papier jauni et troué, ses devinettes et ses oublis, est passé de mode. Il serait bien d’établir un document clair et concis. Ce document serait bien présenté. Il mettrait en valeur votre parcours, il donnerait des indications claires sur les entreprises dans lesquelles vous avez travaillé, les postes que vous avez occupé, ce que vous y avez fait et les résultats que vous avez obtenu. Il parlerait de vous entre les lignes. Il dirait qui vous êtes, ce qui vous motive et ce que vous voulez faire.

La forme du CV est importante, il faut lui apporter tout le soin nécessaire pour que la présentation soit plaisante, lisible et homogène. Mais la forme ne suffit pas. L’essentiel est dans l’intention qui sous tend l’ensemble. L’intention, c’est votre message. C’est votre projet professionnel, qui éclaire rétrospectivement les étapes de votre parcours; mettant telle expérience sous les projecteurs, minimisant telle autre, suggérant les raisons de vos choix et clarifiant vos intentions pour l’avenir.

Prenez donc soin, une fois inventoriés les différents emplois que vous avez occupés, de vous interroger sur les domaines dans lesquels vous excellez, sur ce qui vous a plu et les circonstances qui ont fait que vous en avez retiré des satisfactions particulières. Interrogez-vous sur ce que vous pouvez faire à l'Etranger, sur ce que vous aimeriez faire et sur les contraintes que vous souhaitez prendre en compte.

Quand votre projet est clair, nourrissez en votre CV, pour qu’il raconte votre histoire et parle au capitaine. Alors il sera temps de rechercher d’autres moyens que la bouteille pour lui faire parvenir votre message.

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Cultiver ses réseaux

Cultiver ses réseaux est clé lorsqu'on vit à l'étranger. 10 Raisons de le faire, que l'on soit expatrié, en recherche d'emploi ou entrepreneur.

Expatriés

1- Rompre son isolement, faire des connaissances, échanger des informations et conseils pratiques.

Pour le futur expatrié, beaucoup de questions se posent: quel pays choisir? Comment se passe la vie sur place? à quoi faut-il penser?...Echanger avec d’autres personnes ayant été dans la même situation et capables d’apporter des réponses vécues est souvent précieux.

2- Faciliter l’accueil et l’intégration dans le pays d’accueil.

A l’arrivée dans le pays, certains réseaux locaux prennent en charge les nouveaux arrivants, facilitent leur accueil, les aident à découvrir les aspects pratiques et à nouer rapidement des contacts localement. Quand ces réseaux n’existent pas, les contacts personnels ou ceux noués sur les réseaux virtuels peuvent prendre le relais.

3- Faire des activités à plusieurs.

L’opportunité de faire des choses à plusieurs, qu’il s’agisse d’activités organisées ou de projets que l’on initie soi-même mais qu’on préfère mettre en œuvre avec d’autres: voyager, visiter, écrire, apprendre, faire du sport…On retrouve les associations et les clubs, mais aussi certains réseaux virtuels qui proposent de mettre en contact les voyageurs, partager photos ou blogs, pratiquer des langues étrangères…

4- Garder le contact avec le pays d’origine.

Là, il s’agit du réseau relationnel (famille, amis, …) des réseaux professionnels (collègues,…) qui permettent de se tenir au courant et d’entretenir un niveau de relations dans le pays d’origine qui facilitera la réinstallation au moment du retour.

Chercheurs d'emploi

5- Générer des contacts, échanger des informations et conseils sur la recherche d’emploi.

Le réseau est clé. Il permet d’obtenir des informations et des conseils sur les particularités du marché de l’emploi, la manière de réaliser son CV, se présenter en entretien,...

6- Identifier des opportunités d’emploi.

Les réseaux permettent aussi d’identifier des opportunités d’emploi qui n’avaient pas forcément émergé et où la concurrence est moins forte.

Entrepreneurs

7- Rompre son isolement, échanger conseils, idées et bonnes pratiques.

Pour l’entrepreneur, particulièrement lorsqu’il travaille seul et qu’il vit à l’étranger, l’isolement est une contrainte importante. C’est vrai de l’entrepreneur chevronné et davantage encore dans la situation du nouvel auto-entrepreneur, habitué à un environnement de travail plus riche en interactions. Le réseau permet d’échanger des idées sur son activité, le contexte, les bonnes pratiques, les difficultés.

8- Trouver de nouveaux clients.

Certains réseaux se constituent exclusivement pour aider ses membres à trouver de nouveaux clients.

9- bâtir des synergies.

trouver des partenaires, élargir son offre et mutualiser les moyens. Les réseaux permettent de trouver des ressources ou des partenaires qui permettront d’investir à plusieurs sur de nouveaux marchés ou d’y établir des correspondants. ils offrent la possibilité de s’appuyer sur les compétences des autres pour élargir son offre et augmenter la fidélisation des clients. Ils sont enfin l’occasion de mutualiser des moyens: locaux, investissements,moyens communs…

10- Préparer le retour.

Pour l’entrepreneur à l’international, il peut être important de préparer le retour ou d’anticiper une autre mobilité. Le réseau permet de pérenniser ses investissements sur place et/ou de s’ouvrir de nouvelle opportunités dans d’autres pays, par exemple à l’intérieur d’un réseau de franchise.

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