David Chambat, créateur de Villa-Bali

Rencontre, à Singapour, avec David Chambat, le créateur de Villa-Bali.com et Daniel Rouquette, son responsable Marketing. Créé en Août 2012, Villa-Bali est un site qui référence plus de 300 villas à louer à Bali pour les vacances. Intermédiaire entre les vacanciers, à la recherche d'une idée de séjour autonome mais confortable sur l'ile indonésienne, et les propriétaires, soucieux de mettre en avant leur villa, le site a d'emblée remporté un succès qui permet à ses créateurs d'envisager des déclinaisons vers d'autres destinations en Asie.

- Comment est née l’idée de ce site ?

DC : j’ai moi-même failli acheter une villa. Un projet que j’ai finalement abandonné faute d’obtenir le permis de construire. A cette occasion j’avais imaginé faire un site sur ma future villa et remarqué qu’internet regorgeait de sites de qualité très moyenne sur Bali. Travaillant à ce moment-là pour un site internet d’hôtels, j’ai très vite acheté le nom de domaine Villa-Bali.com.  J’ai embauché Daniel et un Développeur et nous avons construit ensemble rapidement la plateforme. Il semble qu’il y avait un besoin car avant même que le site soit en ligne je recevais de nombreux appels de gens qui voulaient venir à Bali mais ne trouvaient pas un site qui leur permette de le faire de manière simple et sécurisée.

-Quel avantage le site présente-t-il pour ceux qui cherchent une villa à Bali?

DC: C’est lié à la difficulté de la location à distance. Quand on est en contact direct avec un propriétaire ou au travers d’un site généraliste, on est contraint de verser des arrhes sans bien savoir à qui on les envoie. Il y a toujours la possibilité d’une arnaque: que la villa louée n’existe pas. Notre avantage est que nous sélectionnons chaque villa qui est référencée sur le site. Le fait d’être basé à Singapour est aussi un élément qui rassure. C’est un argument précieux auprès des singapouriens qui restent étonnamment méfiants vis à vis des transactions financières sur internet. C’est amusant car, ils préfèrent souvent venir nous voir pour payer ; une manière de voir à quoi on ressemble et s’ils peuvent avoir confiance.

- Qui sont les propriétaires de villas à Bali ?

DC: parmi les propriétaires des villas que nous référençons, il y a beaucoup d’Australiens, de Néerlandais, ou de Français. Ils s’installent dans des régions différentes. Les Néerlandais, par exemple, privilégient le Nord de l’île, tandis que les français apprécient davantage Seminyak et Ubud. Les profils sont très variés. Parmi les Français, il y a un ancien proviseur de Lycée Français, Breton d’origine, qui a progressivement investi dans plusieurs villas, parce qu’il est tombé amoureux de l’Indonésie. Il y a aussi des architectes ou encore un charpentier, spécialiste du bois et de la construction écologique.

- Quelles sont leurs motivations ?

DR : il y a globalement 3 types d’investisseurs à Bali : l’entrepreneur, l’architecte et l’expat-vacancier. L’entrepreneur achète une ou plusieurs villas dans l’optique de créer une affaire dans la location de vacances. L’architecte vient à Bali attiré par l’opportunité d’exercer son métier dans un environnement privilégié et de réaliser de belles villas. Enfin, l’expat-vacancier, c’est l’expatrié qui vit en famille à Singapour ou dans la région, qui décide de construire sa maison de vacances. Le projet peut évoluer. Un jeune trentenaire, basé à Singapour, a d’abord fait construire pour lui une villa à Bali. Il vient d’y installer sa mère de 75 ans.

- Pourquoi choisissent-ils Bali ?

DC- Parce que l’endroit fait rêver et que les villas qu’on peut y construire sont des maisons ouvertes. Elles offrent souvent des vues magnifiques sur la mer ou sur les rizières. C’est un investissement plaisir. Bali jouit d’une image très favorable en France. L’Indonésie d’une manière générale est largement présentée en France comme un nouvel eldorado et de nombreuses personnes viennent s’installer dans le pays, par besoin de bouger ou pour trouver un emploi.  

Vu à la télé : des retraités de Courbevoie s’installant à Bali

DR : Il suffit d’un documentaire bien fait à la télévision pour que l’intérêt augmente. Dans une émission récente, TF 1 dans le Sept à Huit avait mis en scène le changement de vie d’un couple de retraités, quittant l’environnement maussade de Courbevoie pour venir s’installer à Bali. Le site Villa-Bali.com a connu instantanément un boom de visiteurs. Beaucoup de Maisons de retraite se construisent également à Bali, notamment à l’initiative des Japonais. La destination Bali est associée à une image de luxe, alors qu’elle est bien moins chère que l’Ile Maurice. Elle fait rêver. Il y a de surcroît sur place une infrastructure de qualité, particulièrement dans le domaine des services. Bali cultive son image écolo, avec la possibilité de pratiquer le Yoga ou la méditation, l’investissement dans la nourriture biologique,…

- Est-ce que le fait que le propriétaire soit Australien, Singapourien, Néerlandais ou Français influe sur Le style des villas qu’il fait construire ?

DR : Pas vraiment. Ce qui ressort en premier lieu, c’est le style Balinais. En revanche, les propriétaires qui occupent leur villa investissent beaucoup d’eux-mêmes dans la décoration.

- Pour ces propriétaires, l’investissement est-il une affaire de plaisir ou de rentabilité ?

DC : à la base, l’investissement à Bali part toujours d’un coup de cœur. On n’investit pas à Bali pour des motifs exclusivement financiers. Tout simplement d’ailleurs parce que ce n’est pas le meilleur placement qui soit. Les risques sont nombreux sur le plan juridique et fiscal. La rentabilité n’est pas exceptionnelle. Les prix ont beaucoup augmenté. Il y a 3 ans, il était possible de faire construire une belle villa avec une mise de fond de 250 000€. Aujourd’hui il faut investir le double pour une villa de 4-5 chambres. On ne peut pas emprunter il faut financer la totalité de son acquisition en cash, pour ne pas dire en espèces. Il y a aussi de nombreuses contraintes. Il n’est plus possible de construire des villas dans certaines zones. La hauteur des bâtiments, où que ce soit, ne peut dépasser celle des cocotiers alentours. On ne peut pas construire sur les rivières ou les falaises. Enfin, la principale difficulté à Bali est liée au droit de propriété. Un étranger ne peut devenir propriétaire d’un terrain ou d’une villa à Bali. Il ne peut le faire qu’au travers de l’utilisation d’un prête nom, une pratique risquée sur laquelle de nombreux investisseurs se sont brûlés les ailes, ou bien en passant par des baux de longue durée.

Quels types de relations avez-vous avec les propriétaires des villas qui sont présentes sur votre site ?

DR : on les voit de manière régulière. Ils apprécient souvent qu’on leur transmette le feedback de leurs clients.  On travaille aussi beaucoup ensemble sur la présentation des Villas sur notre site. On s’aperçoit par exemple que les photos ont un très fort impact. Il arrive que de très belles villas soient boudées simplement parce que les photos ne sont pas avantageuses. C’est un art difficile que de réaliser ces photos d’intérieur. Les photographes qui savent le faire à Bali sont rares et ils le savent, les tarifs sont donc souvent élevés.

Concernant votre parcours personnel, dans quelles circonstances êtes-vous devenu entrepreneur?

DC : avant de créer villa-bali, j'ai eu un parcours de cadre dirigeant chez Air France KLM, où j'étais responsable d'un pays. La vie d'un cadre dans une grande structure est difficile. J'avais envie de remettre les mains sur le volant, de réaliser des choses que j'avais envie de faire. Ce qui change quand on devient entrepreneur ce n'est pas le volume de travail, car on travaille énormément, mais c'est qu 'on n'a plus l'impression de travailler. C'est vrai aussi dans la sphère familiale. J'ai 2 enfants de 11 et 9 ans. Depuis que j'ai lancé villa-bali, ils s'intéressent beaucoup et nous discutons souvent de ce que je fais.

 

 

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