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A Singapour, fewStones met le Cloud à portée des PMEs

Jeune entreprise, créée récemment à Singapour, fewStones est spécialisée dans la prestation de services et le développement de solutions basées sur le Cloud, à destination des petites et moyennes entreprises. Sophie Normand , sa créatrice, est arrivée à Singapour en 2009 pour suivre le programme MBA de l’Insead. Diplômée de Télécom Paris et après avoir travaillé pendant 10 ans dans la gestion de projets high tech en Europe, elle avait envie de changement. Le contexte de Singapour et 2 missions dans des entreprises locales l’ont convaincue de s’installer durablement en Asie et d’y créer sa propre structure.

- Vous êtes initialement venue à Singapour pour y faire un MBA. Quelles étaient vos motivations?

- Au sortir de mes études d’ingénieur, j’ai travaillé pendant 10 ans dans le domaine de la gestion de projet, chez Alcatel en Allemagne, d’abord, puis chez Nortel, en France. En 2009,  Nortel a connu de grandes difficultés financières et a procédé à d’importantes restructurations. C’était pour moi l’opportunité de faire autre chose. A la même période, mon mari terminait un MBA à la London Business School. J’avais découvert à cette occasion l’intérêt de ce type de formation. J’ai décidé de me lancer dans la meme aventure.

- Pourquoi l’Insead à Singapour ?

- L’Insead fait partie des MBAs les plus prestigieux. Mon mari et moi cherchions aussi à decouvrir et nous installer en Asie: Singapour est un pays idéal pour s’expatrier en Asie avec de jeunes enfants, c’est aussi le hub regional pour la quasi totalité des multinationales. L'Insead et son campus a Singapour étaient donc mon choix numéro un.

- Qu’est-ce qui à l’issue de ce MBA vous a poussé à créer une entreprise à Singapour ?

- L’envie d’entreprendre n’est pas une idée spontanée. J’avais envie de faire autre chose. Je ne souhaitais plus travailler dans de grosses structures telles que celles que j’avais connues, avec des process souvent lourds et une organisation du travail en silo. J’ai fait l’essai de travailler dans de petites structures à Singapour. Ces expériences  se sont cependant révélées décevantes : malgré leur taille réduite, ces structures semblaient ne pas avoir de culture d’entreprise et n’offraient pas un environnement de travail de qualité.

C’est à l’issue d’un travail que j’ai fait avec un coach qu’a finalement émergé l’idée de créer ma propre entreprise : d’abord pour me faire plaisir, mais aussi pour créer, et surtout pour travailler de la manière dont j’avais envie, en conciliant vie personnelle et professionnelle.

- Il semble que la création de fewStones soit d’emblée portée par des valeurs fortes.

- En effet, c’est un point important. L’objectif est de développer une entreprise qui propose à ses clients des services et solutions de qualité, et qui surtout leur apporte un support dans la durée. L’autre dimension essentielle de notre vision est de construire, au sein de fewStones, un environnement dans lequel les gens ont du plaisir à travailler ; dans lequel ils ont de véritables opportunités pour « grandir » et se développer.

- Le fait d’être à Singapour a-t-il été un élément favorable pour la mise en œuvre de ce projet ?

Oui en effet. Il est beaucoup plus facile de créer une entreprise en Asie qu’en France. Non seulement sur le plan pratique, mais aussi au vu des opportunités. Nous vivons avec l’émergence du Cloud, un changement de technologie. C’est un bon moment pour se lancer. Sur le plan opérationnel, c’est plus facile de le faire en Asie, dans un contexte de croissance.

- Quelles sont les activités de fewStones ?

fewStones fonctionne sur 2 axes : la prestation de services et le développement de solutions. nous mettons à disposition des experts dans les locaux de l’entreprise. Le contexte de Singapour est caractérisé par le manque de personnes à la fois qualifiées et expérimentées dans certains métiers rares: notamment dans le domaine de la gestion de projet et programmes, l’architecture réseaux et systèmes. Notre ambition est de constituer une équipe d’experts dans ces domaines.

Nous proposons aussi pour les petites et moyennes entreprises des solutions d’infrastructure clés en main. Ces solutions, fondées sur la technologie du Cloud, ont vocation à mettre à disposition des entreprises tous les moyens techniques dont elles ont besoin: environnement collaboratif, mail, partage de données, sécurité,… mobilité.

- On parle beaucoup de Cloud, quels sont les besoins spécifiques des entreprises, petites et moyennes, dans ce domaine ?

Beaucoup de choses existent aujourd’hui pour les moyennes-grandes entreprises. Pour les autres, l’offre sur internet est souvent très technique et ne délivre pas un véritable service. Les entreprises veulent des outils qui leur permettent de travailler dans la mobilité, qui facilitent la gestion des documents, offrent des systèmes de messagerie instantanée, voire des solutions intégrées permettant d’échanger par mail, de se parler en vidéo,… Mais elles ont besoin d’être rassurées. L’approche de fewStones est précisément de se concentrer sur la mise à disposition d’un support fiable et réactif dans la durée, en se concentrant non seulement sur les aspects techniques et l’installation, mais aussi sur la formation et le dépannage.

Pour le moment nous installons des solutions qui ont déjà été développées. A terme, nous souhaitons devenir développeur de nos propres solutions et construire un data center.

► site de fewStones

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Alexandre Bac, ambassadeur de la Bourgogne à Singapour

Alexandre Bac fait partie de ces quelques privilégiés qui ont saisi l’opportunité d’un VIE pour acquérir une expérience professionnelle à l’international. Pour autant, il n’en est pas, loin s’en faut, à son premier séjour à l’étranger. Arrivé à Singapour il y a 3 mois, il y est déjà parfaitement intégré et engagé dans sa mission pour le compte du Conseil Régional de Bourgogne.

 

- Le Conseil Régional de Bourgogne est un employeur un peu insolite à Singapour, pouvez-vous nous parlez de ses ambitions en Asie ?

- En effet, Le conseil Régional de Bourgogne tranche par rapport aux employeurs classiques de VIE. Il est présent à Singapour depuis 2005, pour faire la promotion de la Région sur le plan économique et touristique et favoriser les échanges avec les pays d’Asie.  C’est ma Responsable actuelle, aujourd’hui de retour en France, qui a ouvert le bureau de représentation. Au moment de la remplacer, à la fin de sa mission en Asie, le Conseil Général a apparemment voulu faire le choix de la jeunesse et recruter des VIE.

- Des VIE ?

- Le Conseil Régional de Bourgogne a en fait recruté cette année 2 VIE, l’un pour animer le bureau de représentation au Chili, l’autre pour animer celui de Singapour.

- Quelle est votre mission  à Singapour?

- Mon rôle comprend plusieurs volets. Ma première mission est d’aider les entreprises bourguignonnes à exporter en Asie et, inversement, de favoriser les investissements asiatiques en Bourgogne. Je travaille aussi à la mise en place de  partenariats entre les deux régions, par exemple avec les universités,en lien avec les sommeliers ou le Centre Européen du Goût. Je suis encore chargé de faire la promotion du tourisme en Bourgogne et d’apporter un support aux étudiants Bourguignons qui souhaitent réaliser un stage en Asie.

- Ce sont des missions très variées

- En effet, c’est ce qui fait tout l’intérêt de ma présence ici. J’avoue apprécier beaucoup la diversité des sujets sur lesquels je travaille. Mon rôle est d’aller à la rencontre de mes interlocuteurs pour tisser des relations. Je rencontre ainsi énormément de personnes dans des environnements très différents. C’est assez passionnant.

- Les personnes que vous rencontrez ne sont-elles pas étonnées d’avoir un interlocuteur aussi jeune?

- Cela peut arriver. La plupart du temps, elles n’y font pas attention. Je pense que c’est aussi l’un des aspects positifs de la région. Les gens n’hésitent pas à confier des responsabilités à des personnes relativement jeunes.

- Pourquoi la Bourgogne à Singapour ?

- La Bourgogne jouît d’une forte notoriété pour ses vins et son patrimoine culturel. C’est aussi une région très dynamique sur le plan économique, notamment dans les secteurs métallurgiques et des hautes technologies, qui veut favoriser les investissements et  jouer un rôle moteur dans les échanges internationaux. Il s’agit donc non seulement de promouvoir les activités traditionnelles, en valorisant par exemple le tourisme nature et la découverte de la Bourgogne à Vélo, mais aussi de construire en Asie l’image d’une région dynamique et ambitieuse que ce soit sur le plan industriel, agro alimentaire, culturel ou de l’éducation.

- Quelle est votre infrastructure de travail  à Singapour?

- Je suis hébergé dans le business center de la Chambre de Commerce Française. Celle-ci met en permanence à disposition des entreprises plusieurs bureaux. Parmi ceux-ci 4 sont actuellement occupés par des VIE.

- C’est important de pouvoir ainsi retrouver d’autres VIE ?

- Oui en effet. L’important n’est pas tant le bureau en lui-même, car l’enjeu est que j’y sois le moins possible. En revanche, c’est vrai que l’infrastructure de la Chambre de Commerce permet de donner un cadre. C’est sympathique de retrouver les autres VIE. Cela permet d’échanger entre nous, de nous encourager mutuellement et de plaisanter.

- Comment travaillez-vous avec la France ?

- Avant de partir à Singapour, j’ai d’abord passé un mois en formation en Bourgogne. J’ai rencontré tous les départements et fait connaissance avec les personnes avec lesquelles je travaille aujourd’hui à distance. Concrètement, nous communiquons par visioconférence et par téléphone. Nous sommes en relation constante et le fait que ma Responsable soit la personne qui avait ouvert le bureau de Singapour facilite les échanges.

- Quel a été votre parcours avant ce VIE ?

- J’ai commencé par faire un BTS de commerce international. Puis je suis entré à l’ESC Dijon Bourgogne avant de conclure par un Master à Taiwan.

- Qu’est-ce qui, dès le BTS, vous avait orienté vers l’international ?

- Je suppose que c’est, au départ, à cause de mon goût pour les langues ; et puis parce que j’avais envie de partir à l’étranger.

Dans le cadre de mes études, j’ai essayé de multiplier les expériences à l’international.  J’ai réalisé mon premier stage en Allemagne, chez Solvay dans l’import-export. J’ai poursuivi avec une mission en Tchéquie, pour le compte d’une entreprise spécialisée dans la location d’appartements de Sports d’hiver, en relation avec 2 autres étudiants. Puis j’ai fait un stage de 6 mois à Londres, au service Evènements Privés de l’hôtel Claridge’s : une expérience passionnante au contact de 11 nationalités différentes.

Entre la deuxième et la 3ème année d’études à L’ESC Dijon, j’ai opté pour une année de Césure. J’ai travaillé pendant 6 mois chez Safran comme assistant commercial export Europe de l’EST/ Afrique - Moyen Orient. J’ai ensuite rejoint une petite entreprise (Traidis) comme commercial export Europe du Nord-Benelux, où j’étais responsable d’un portefeuille clients et avais des objectifs concrets de chiffre d’affaires.

Enfin j’ai réalisé ma dernière année d’études à Taiwan – à Feng Chia University. C’était ma première expérience de l’Asie ; une expérience très stimulante. J’étais tenté de rester sur place et ai même trouvé un emploi. Mais le salaire proposé était dérisoire et je suis finalement retourné en Europe, aux Pays-Bas, pour mon stage de fin d’études, tout en gardant un œil sur l’Asie puisque j’étais en charge de la Chine, du Japon et de la Corée.

- Quelles sont vos perspectives pour l’avenir ?

- Je suis en mission VIE pour 18 à 24 mois. Au delà, j’aimerais rester en Asie. Cela dépendra des opportunités. Je ne sais pas si ce sera comme salarié ou comme entrepreneur : c’est ouvert. Je pense en tout cas privilégier le secteur de la High Tech.

- Comment envisagez-vous votre carrière et vos liens avec la France ?

- Je pense que c’est important de maintenir le lien avec la France et je m’attache à entretenir mon réseau en France. Pour le reste, je ne sais pas encore comment les choses se présenteront.

 

Photo: Hospices de Beaune, Banque de photos du Conseil Général de Bourgogne

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Adelaide Russel: l'expatriation et la plûme

Rencontre à Paris avec Adélaïde Russell. La co-auteur de « conjoint expatrié » est à l’image de ses écrits : positive, énergique et tournée vers la relation. Elle nous raconte ses expatriations passées et futures, sa passion pour la psychologie, et sa très inspirante aventure éditoriale avec Gaëlle Goutain, sa partenaire d’écriture.

Pour Adélaïde, l’expérience de l’expatriation a commencé très tôt. Elle même enfant d’expatrié, elle a vécu pendant sa petite enfance en Afrique et s’est construite là une «identité et une sensibilité nomade» qu’elle a continué de nourrir quand, étudiante, elle consacre son mémoire de maîtrise de Psychologie au vécu de l’exil, puis au travers de ses multiples expatriations, avec son mari: en Ecosse, au Venezuela, en Malaisie et aux Etats Unis.

- Comment se sont présentées ces expériences à l’étranger?

- J’ai toujours eu le goût de l’international et mon mari qui travaille dans le secteur pétrolier a vocation à beaucoup voyager. Quand la première opportunité de partir en Ecosse s’est présentée, je n’ai pas hésité. Puis les expatriations se sont enchaînées. Nous terminons un séjour de 4 années en France et repartons à nouveau cet été aux Etats-Unis.

- Quel impact ces expatriations ont-elles eu sur votre activité professionnelle ?

- J’ai fait des études de psychologie avec une spécialisation en Psychologie clinique. A la fin de mes études, j’ai commencé par travailler dans le recrutement pour Air France. Quand j’ai fait le choix de suivre mon mari en Ecosse, j’ai quitté cet emploi qui m’intéressait mais qui ne correspondait pas à ce qui me passionne vraiment: la psychologie. Mon projet aujourd’hui est d’ailleurs de continuer mon parcours de psychologue clinicienne auprès d’expatriés, sans-doute au sein d’établissements scolaires francophones.

En expatriation, j’ai poursuivi ma vie professionnelle sous-tendue par mon identité de psychologue, en m‘adaptant aux divers contextes. Je me suis consacrée à des activités très variées qui sont nées, à chaque fois, des situations locales ou des rencontres que j’ai faites sur place. A El Tigre par exemple, au Venezuela, j’ai commencé à travailler dans un orphelinat puis j’ai mis en place des ateliers de développement personnel (estime de soi, gestion des conflits, communication) que j’ai ensuite animés dans différentes écoles. A Kuala Lumpur j’ai rencontré Marine, une assistante sociale française, avec qui nous avons créé un point écoute au Lycée Français: nous recevions dans le cadre de consultations des enfants qui traversaient des difficultés. A Princeton enfin, j’ai fait la connaissance de Gaëlle, journaliste de formation et professeur de FLE, qui a eu l’idée d’écrire ensemble un guide pour les familles expatriées, ce qui n’existait pas encore en français. Nous avons rédigé un premier livre «l’enfant expatrié», puis un second «le conjoint expatrié», qui vient de paraître.

- Comment s’est déroulée cette collaboration ?

- Elle s’est nourrie de nos expériences et de nos passions respectives. Nous avions envie de partager et de transmettre. Le fait d’écrire à deux est très stimulant, surtout lorsque l’on est, comme Gaëlle et moi, très complémentaires. Dans notre dernier ouvrage, Gaëlle s’est axée sur le recueil et la mise en valeur des témoignages des personnes concernées. De mon coté, j’ai davantage travaillé sur les parties théoriques.

- D’autres  personnes en expatriation peuvent être tentées de se lancer elles aussi dans un projet  d’écriture. Est-ce qu’il est difficile, quand on écrit un livre, de le faire publier?

- Ce n’est pas si difficile que cela. Il faut évidemment écrire le livre; ce qui demande ténacité et discipline. Mais les sujets sur lesquels nous avons travaillé étaient très stimulants. Ils nous ont fait rencontrer beaucoup de personnes qui par l’intérêt qu’elles nous ont témoigné, nous ont encouragé à poursuivre.

L’édition est une étape qui est venue après, une fois le livre terminé. Nous avons envoyé le produit déjà écrit à un certain nombre d’éditeurs, et nous avons reçu une réponse positive de L’Harmattan. C’est cette maison d’édition qui a publié nos deux ouvrages.

-Quel accueil a reçu votre dernier livre?

- Pour le moment, l’accueil est très positif. C’est curieusement le premier ouvrage qui soit consacré exclusivement à la situation du conjoint expatrié, qu’il s’agisse d’ailleurs d’une femme ou d’un homme. Nous sommes en pleine période de promotion de l’ouvrage et participons à diverses manifestations. A chaque fois, les échanges montrent que le sujet traité est important et qu’il aborde des aspects qui touchent les gens. En fait nous posons des mots avec apparemment un ton juste sur des situations qui n’ont pas été réellement décrites ni considérées jusqu'à présent. Cela fait du bien aux personnes concernées d’entendre cette compréhension de leur situation de conjoint expatrié, ce qui leur confère alors une reconnaissance implicite.

- Quels sont les éléments que vous abordez dans ce livre ?

- Nous avons voulu écrire un livre positif qui ait une vraie utilité pour ceux et celles qui vivent l’expatriation comme conjoint. Un livre qui aborde l’ensemble des aspects : ceux qui touchent à l’identité, l’incidence sur le couple et la vie affective, l’impact sur le plan professionnel. L’écho de nos deux témoignages et de ceux que nous avons interviewés montre que l’expatriation, abordée avec optimisme, peut ouvrir des opportunités variées et être une grande source d’enrichissement.

- Quels sont les conseils essentiels que vous donnez aux conjoints expatriés ?

- Celui de considérer l’expatriation comme un projet partagé au niveau du couple, dans lequel chacun doit pouvoir trouver des éléments de satisfactions. Il nous paraît essentiel que chacun prépare son expatriation et parte avec un projet, bien à lui, quel qu’il soit, et toujours en harmonie avec la vie de famille. C’est ce projet qui permettra d’être actif au moment de l’intégration et de traverser les inévitables moments de lassitude avec le maximum de résilience.

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Grégoire Tosser: l'expatriation en CDD

Quand l’opportunité d’un départ à l’étranger n’offre que la certitude d’un séjour de quelques mois, on peut être tenté de préférer le confort de la métropole à l’aventure de l’expatriation.«Erreur!» témoigne Grégoire.«L’expérience, quand elle est bien préparée, peut être vécue intensément. Pour nous elle est comme un rêve devenue réalité.»

Grégoire Tosser, 28 ans, rêvait  en effet depuis longtemps de vivre l’expérience de  l’expatriation.   Titulaire d’une formation en management de la presse écrite, Grégoire travaillait depuis 4 ans pour un Magazine en France. Son emploi n’emportait pas encore ce niveau de responsabilités qui vous font penser que les rêves sont seulement faits pour rêver, et c’était probablement le bon moment d’évoluer vers autre chose. Méthodique, il a, pendant 1 an, fait des recherches avec son compagnon ; oscillant tour à tour entre les charmes rassurants d’une expatriation en Europe et l’exotisme de l’Asie.

En définitive, c’est son compagnon qui a eu une opportunité : celle de réaliser une mission de 6 mois à Singapour pour le compte de son entreprise. Pour Grégoire, c’était désormais la promesse de partir, mais  aussi l’obligation de quitter son emploi en pariant sur la possibilité d’en trouver un sur place. « je l’ai fait sans état d’âme » indique l’intéressé « c’était un projet que nous avions muri et je savais, compte tenu de nos métiers respectifs, que mon compagnon avait plus de chances que moi d’être envoyé en mission à l’étranger ».

- Dans quel cadre êtes-vous venu à Singapour. ?

- « Je suis dans la même situation que toutes les personnes non mariées. Faute d’être éligible au dependent pass, j’ai bénéficié du work holiday pass ; un dispositif original qui permet aux jeunes de moins de 30 ans de séjourner pendant six mois à un an, au lieu des 3 mois réglementaires, dans le pays d’accueil ».

- A quelles difficultés avez-vous été confronté ?

« Les difficultés rencontrées l’ont été exclusivement sur le terrain de l’emploi. Dès mon arrivée, j’ai engagé mes recherches. Mais celles-ci n’ont débouché sur aucun résultat.  J’ai constaté qu’entre le quart et la moitié des annonces correspondant à mon profil étaient en fait réservées aux Singapouriens ou aux résidents permanents. Le contexte électoral local a sans doute eu un impact ».

- Dans quel secteur avez-vous recherché un emploi ?

«  Dans le cadre de ma précédente expérience, j’avais en fait deux « casquettes », l’une dans le domaine juridique, particulièrement dans tous les aspects attachés à la communication, l’autre  dans les Ressources Humaines. Le Droit, par définition, s’exporte mal. J’ai donc orienté mes recherches sur les Ressources Humaines. »

- la brièveté de votre séjour sur place a-t-elle été un handicap ?

«  L’idée n’était pas de trouver un emploi de courte durée, mais de se donner les moyens de nous installer durablement. Rapidement cependant, le terme de la mission avançant, il est devenu extrêmement difficile de faire des plans. Resterions-nous à Singapour ou reviendrions-nous en France ? Faut-il poursuivre les recherches sur place ou engager des démarches à Paris ?  Je ne peux plus faire de plans ni dans un sens ni dans l’autre tant que je ne sais pas si la mission de mon compagnon sera pérennisée ici ou pas. »

- Cette confrontation à la réalité correspondait-elle à ce qu’on vous avait dit ou à ce que vous aviez lu sur Singapour ?

« Non, il y avait en effet un décalage certain. J’avais beaucoup lu et surfé sur le net avant de partir. L’image qui ressortait était celle d’un marché de l’emploi dynamique, d’un taux de chômage très faible et d’une place très ouverte à l’international.  A l’arrivée, le contexte est plus difficile. »

- Comment avez vous vécu cette position particulière de « partenaire de l’expatriation »  ?

« J’ai du m’organiser.  J’ai besoin d’être actif et je craignais par dessus tout l’oisiveté.  A ce titre je me suis agréablement surpris  et j’ai découvert que j’avais une véritable capacité d’adaptation. Je ne suis pas resté inactif. J’ai profité du temps libre pour visiter et découvrir la ville, faire du sport, améliorer mon anglais, approfondir, par exemple, tout ce qui touche, dans le domaine juridique, à la common law. Au final j’ai le sentiment d’un vrai enrichissement ».

- Comment avez-vous perçu le regard des autres, celui de vos parents et amis, sur votre expatriation ?

« Globalement très positif : de la curiosité et parfois de l’envie. Mais avant tout, un précieux soutien dans notre projet depuis le début. J’ai démarré un blog privé,  dans le but de faire partager mon expérience à mes parents et amis.  Visiblement, ils apprécient de pouvoir suivre ainsi notre aventure, et de la vivre aussi, d’une certaine manière, par procuration. Ce blog, dans lequel je parle de ma vie au quotidien, est devenu un support par lequel je questionne mon nouvel environnement ; un outil pour échanger, mais aussi pour découvrir».

- Et si demain vous deviez rentrer à Paris ?

« C’est une hypothèse vraisemblable, même si je souhaiterais rester davantage. Si nous devions rentrer, je le ferais le cœur léger, avec le sentiment d’avoir vécu une belle aventure et d’être allé au bout de mon rêve ».

- Comment évaluez-vous ce que cette expérience vous aura apporté ?

« Beaucoup de choses ! La découverte de l’Asie où nous avons multiplié les voyages.  La découverte de mes qualités d’adaptation à un environnement différent.  La pratique de l’anglais, ... J’ai le sentiment d’avoir pris du recul, de l’épaisseur. »

- Cette expatriation  a-t-elle fait évoluer votre projet professionnel ?

«  Oui. Je ne me vois pas du tout reprendre l’emploi que j’avais avant de partir. Je ne sais pas encore comment j’aborderai la recherche d’un nouvel emploi en France. Je veux pour l’instant continuer de me projeter en Asie. Ce qui est certain, c’est que  cette expérience à l’étranger, même si elle devait ne pas se prolonger au delà de 6 mois, m’aura beaucoup enrichi et m’ouvre des perspectives nouvelles ».

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Tania Nasr, de l'anthropologie à la poterie

Anthropologue, Tania Nasr aurait pu, sa thèse de doctorat terminée, enchainer sur un parcours dans l’enseignement universitaire ou la recherche. Deux expatriations successives, en Chine puis à Singapour, en ont décidé autrement : Tania Nasr est aujourd’hui potier.Elle nous raconte son parcours inédit et le plaisir qu’elle ressent aujourd’hui à fabriquer des objets utilitaires avec ses mains.

 

Comment êtes vous devenue potier?

- Ce n’était pas ma vocation première. La poterie est en réalité une activité récente que j’ai démarrée à mon arrivée à Singapour en 2007. Auparavant, j’avais fait des études en Sciences humaines et consacré beaucoup de temps à la rédaction d’une thèse d’anthropologie.

Sur quel sujet ?

- Ma thèse portait sur la perception du paysage, sur le plateau de Millevaches, dans le Limousin; dans un contexte de conflits sociaux opposant les agriculteurs aux forestiers sur fond d’extension de la forêt. Lorsque l’on interroge les uns et les autres, on s’aperçoit que le spectacle qu’ils décrivent est profondément imprégné de leur métier et du conflit qu’ils vivent. En poussant l’analyse, on découvre que le paysage n’existe pas en tant que tel, mais qu’il est une reconstruction sociale.

Comment passe-t-on de l’anthropologie à la poterie ?

- J’ai terminé ma thèse alors que j’étais en Chine.Quand nous sommes arrivés à Singapour, j’ai d’abord été tentée d’entreprendre un « post doctorat »  à la National University of Singapore, mais le département des Sciences humaines n’y est pas très développé et il n’y avait pas de véritable opportunité. J’ai démarré la poterie, en parallèle à une activité bénévole au sein de l’association Aidha. Avec le temps, j’ai fini par me consacrer entièrement à cette nouvelle passion.

Passion ou métier ?

C’est l’un et l’autre. J’aime travailler de mes mains. Après des années de travail essentiellement intellectuel, c’est un vrai bonheur de façonner des objets, et la poterie est une expérience sans cesse renouvelée où on joue avec les formes, les matières, les couleurs et où l’on est souvent surprise. La poterie c’est la terre et le feu.  La cuisson des objets relève d’une véritable alchimie. Il y a dans ce que j’ai fait des choses ratées que je me suis mise à aimer et d’autres plus classiques qui se sont avérées décevantes.  On apprend progressivement et rien n’est jamais acquis.

C’est aussi un métier, car je fais de la poterie dans le dessein de vendre ma production. C’est d’ailleurs dans cette perspective que je me suis lancée. Parce que vivant en expatriation, il me semblait important de construire une activité durable et portable ; une activité que je pourrai emporter avec moi d’un pays à l’autre et qui sera aussi potentiellement un ancrage lors de mon retour en France, qu’il s’agisse de faire de la poterie à proprement parler ou de travailler « avec la poterie », par exemple en animant des ateliers pour les enfants…

Quels types de poteries réalisez-vous ?

Je fais surtout des objets utilitaires : plats, assiettes, …. J’aime imaginer que les objets que je fabrique ont une utilité et que les personnes qui les achètent les utiliseront dans leur vie quotidienne.

Comment peut-on apprendre la poterie à Singapour ?

La poterie n’est pas très répandue à Singapour. L’apprentissage se fait directement chez les quelques artisans potiers qui exercent localement. Cela prend la forme d’un compagnonnage. L’avantage de la poterie, c’est que l’on progresse assez vite. J’ai rapidement organisé mon atelier chez moi, en utilisant la cour pour y installer mon tour. Pour la cuisson, j’utilise soit le four d’autres artisans, soit les installations des community centers.

Quel a été le regard des autres sur votre projet?

Au début j’ai été discrète. En avançant, Je me suis aperçue que ma démarche n’était pas si étrange. Beaucoup de femmes ayant fait de longues études ont, à un moment, arrêté ce qu’elles faisaient et se sont lancées dans une activité artistique. Quand j’ai contacté mon directeur de thèse je pensais qu’il allait me reprocher d’avoir laissé tomber l’anthropologie après y avoir consacré tant d’efforts. Au contraire, il a été très intéressé, car la poterie n’est-elle pas finalement une manière de prolonger l’étude par l’immersion dans un métier multiséculaire.

Lorsqu’on est dans la position de celle qui accompagne, on est peu ou prou affectée par le syndrome de « la femme de », plus difficile à vivre, paradoxalement, à mesure que les expériences d’expatriation se multiplient. C’est pourquoi il est important de se reconstruire une identité au travers d’engagements ou d’activités, quitte à changer d’orientation et à se réinventer. C’est assez magique. Lorsqu’on a le sentiment que tout est difficile et contraignant, il suffit de renverser le problème et d’envisager l’expatriation comme une chance pour faire autre chose. A partir de ce moment, on réalise que les opportunités sont nombreuses; même si elles le sont davantage dans certains pays, tels Singapour, que dans d’autres comme la Chine, ne serait-ce que pour des raisons linguistiques. La difficulté pour les femmes en expatriation, c’est aussi l’incertitude. On ne sait jamais combien de temps on va rester dans un pays. C’est pourquoi il faut faire des choix, très vite. Si on ne s’engage pas suffisamment rapidement dans une activité, on ne sait bientôt plus si on a même encore le temps de commencer. Dans l’idéal, il faudrait avoir pensé son projet avant l’expatriation pour le mettre en œuvre dès l’arrivée.

La clé de la reconnaissance finalement c’est de vendre. Lorsque quelqu’un achète vos produits, c’est qu’il reconnaît ce que vous faites et en apprécie la valeur.  Cela donne de l’énergie pour aller de l’avant.

Comment fait-on à Singapour pour promouvoir son travail?

Je tiens un blog dans lequel je montre mes créations. Par ailleurs, j’ai créé une société (une sole proprietorship) ; ce qui me permet de participer à des foires (fairs ) ou à des open houses pour vendre mes produits. La difficulté à Singapour est que, compte tenu du très faible nombre de potiers (5 ou 6), il n’existe aucune infrastructure pour mettre en valeur le métier. Les foires (fairs) ont le mérite d’exister mais elles sont très hétéroclites et ne permettent pas vraiment aux artisans de trouver leur public. Il faudrait créer des événements qui soient spécifiquement dédiés à l’artisanat.

 

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Les obsessions créatrices de Florence Notte

Florence Notte présentait récemment à Singapour son dernier ouvrage, "Minimalism": une série de photographies inspirées de haïkus japonais; une flânerie méditative où l’artiste propose son regard comme un écrin à nos propres émotions. Non conventionnelle, généreuse et exigeante, Florence Notte aime d’ailleurs à brouiller les pistes: le sujet? il importe peu, ce qui compte ce sont les lignes, les couleurs et le souvenir qui surgit. L’Asie? Elle éprouve pour le Japon une familiarité troublante. Son travail de photographe? Des obsessions créatrices d’où jaillissent des instants. Ineffables réalités qu’elle saisit dans leur nudité: traces du temps sur les êtres et les choses, reflets sur une vitre, une flaque d’eau, un rouleau de plastique...

Florence Notte par Anita Vozza"Minimalism" s’ouvre sur le détail d’une goutte d’eau ondulant sur un plan d’eau. Les couleurs sont celles d’un tableau d’Hokkusai.Des herbes affleurent qui ressemblent à une calligraphie.S’agit-il d’une peinture, d’un morceau d’écriture ou d’une photographie ? Florence Notte apprécie ces incertitudes troublantes. L’image est épurée, le détail unique. L’instant surpris est tout entier offert à la personne qui le regarde, comme un support à ses pensées et le prétexte à sa méditation. L’ouvrage est né par hasard, de la rencontre d’un Haiku, ces petits poèmes japonais, que lui a fait découvrir un jour son mari. Cette découverte a entraîné la lecture de beaucoup d’autres. L’idée d’une série a germé : celle de proposer, en écho aux haïkus, une série de photographies. Dans son apparente simplicité, "Minimalism" est à l’image de son auteur,une œuvre sans affèterie et généreuse, fruit d’un travail exigeant réalisé dans la durée.

Florence Notte fait de la photographie depuis de longues années. Enseignante pendant longtemps, mère de 3 enfants, elle s’est tournée vers la photographie, d’abord comme une passion, puis comme la possibilité d’une seconde carrière. Elle a démarré cette activité en France puis, à partir de 2007, l’a poursuivie à Singapour. L’expatriation a t-elle été un tremplin ? «Pas vraiment !» répond-elle «Dans la mesure où j’avais déjà exposé à plusieurs reprises à Paris. Mais le contexte de l’étranger, celui de Singapour en particulier, a sans doute été un facilitateur. Tout y est possible. On peut travailler dans plusieurs directions sans que cela soit perçu comme dévalorisant. On n’est pas obligé d’être connu: n’importe qui, à condition de présenter un dossier de qualité, peut trouver le support d’entreprises ou de galleristes. Enfin, il y a énormément d’opportunités, même si les Singapouriens, qui souvent considèrent l’Art comme un investissement, sont encore peu intéressés par la photographie».

Le sujet importe peu et peu importe qu’il soit beau

Profondément inspirée par la peinture, Florence Notte s’attarde sur les détails. «Peu importe que le sujet soit beau ou non. Qu’importe même le sujet. Ce qui compte c’est l’émotion. J’ai beaucoup de goût pour l’abstrait, quand le sujet disparaît ou devient méconnaissable et que ne subsistent que les lignes, la lumière et les couleurs. La photographie, c’est vraiment l’art de jouer avec la lumière. Les couleurs racontent une histoire.» …«La photo doit être le reflet d’un moment: le sourire d’une jeune fille, la goutte d’eau sur le lac. Une réalité instantanée qui fait que le moment saisi est unique, privilégié. La photo est comme le réceptacle d’un moment, d’un cadeau offert par l’instant». 

Une troublante familiarité à l’égard du Japon

Avec Minimalism, Florence Notte s’immerge dans la culture Japonaise. Un pays et une culture pour lesquels elle ressent un attachement d’autant plus étonnant qu’elle n’y a jamais vécu et que l’Asie au sens large ne constitue pas une source d’inspiration privilégiée. Du Japon, elle aime la dualité : «la coexistence des temps anciens et d’une jeunesse débridée. Un mélange de grouillement et de sérénité, d’arrêt sur image». Elle a eu un véritable coup de foudre pour cette poésie minimaliste des haïkus et a éprouvé un grand bonheur à travailler à partir de cette matière littéraire.

Deux obsessions : passage du temps et reflets

«Quand je travaille, j’oublie tout. Je voudrais, dans un monde idéal, que rien ne vienne rompre le cours de mon inspiration». Florence Notte, vit la photographie à temps plein, au point d’en rêver la nuit. Ce qu’elle aime faire, ce n’est pas une  ou plusieurs photographies, mais des séries : s’immerger durablement dans un travail, où elle décline une idée ou une image jusqu’à l’obsession. Le déclic initial peut être insignifiant. Dans un travail sur la dégradation urbaine, c’est une affiche déchirée qui lui a fait songer à «l’homme qui marche» de Giacometti. «Ce n’est pas possible de travailler autrement. Quand je pars le mâtin, ce doit être avec une intention monomaniaque ; celle par exemple de ne photographier que des rideaux de magasin.»

Dans ses pérégrinations de photographe,Florence Notte peut compter sur deux grandes sources d’obsession créatrice.

La première tient au temps qui passe et à la trace qu’il laisse sur les êtres et les choses. Cette trace la touche profondément, sans doute parce qu’elle est empreinte de nostalgie et fait écho à ses propres réflexions sur la jeunesse qui passe, la vieillesse... Dans «Regards croisés», elle s’attardait sur les traces de rouille. «chaque être est à la fois victime et fort de son passé» dit-elle. «C’est la marque du temps qui suggère le passage des hommes et qui, sortant les objets de leur contexte, leur ôtant toute fonctionnalité, les réduit à un détail esthétique qui les magnifie».

La seconde est l’attention au reflet. Morcelé, cassé, le reflet offre une reconstruction du réel. Dans «Urban reflects», elle laissait ainsi miroiter les images,à la manière d’un David Hockney : mise en abyme d’un paysage ou d’une tranche de vie dans le cadre d’une fenêtre, reflets d’un instant fugace saisi, hors champ, avec la complicité d’une façade.Des images en forme de kaleidoscope, où l’œil ne cherche plus à reconnaître et se laisse bercer. Une invitation, encore, à la rêverie poétique, loin du Japon, toujours simple et sereine.

► Voir le site de Florence Notte - / Crédit photo: Anita Vozza

 

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Emilien, jeune diplômé à la recherche d’un emploi à Singapour

Emilien fait partie de ses jeunes diplômés qui, épris d’international et n’appréciant guère la facilité, vont tenter leur chance à l’étranger. Portrait d’un jeune déterminé, arrivé à Singapour, son CV en poche il y a 3 mois , qui aimerait trouver un emploi sur place dans le domaine de la vente ou du Business Development.

Diplômé de l’ISG, Emilien a fait son stage de fin d’études chez Veolia environnement puis enchaîné, dans la même entreprise, comme commercial dans le secteur des énergies renouvelables. Mais  à 24 ans, il a le sentiment que les choses se passent ailleurs, particulièrement en Asie.

Emilien aurait pu rester en France. Il y avait de nombreux contacts et s’est vu proposer plusieurs opportunités. Mais l’attrait de l’Asie est trop fort. Emilien a l’intuition que, quand bien même il ne s’y installerait pas de manière définitive, le fait de connaître la région, d’en apprendre l’une des langues (pourquoi pas le Chinois) et d’en comprendre les manières de travailler, constituera un précieux viatique tout au long de la carrière qu’il entreprend.

Alors il n’hésite pas. Il fait le choix de s’installer pendant 3 mois à Singapour  pour y mener, sur place , sa recherche d’emploi tambour battant.  Supporté dès l’arrivée par le réseau des anciens de l’ISG,  soutenu par la chambre de commerce et par les services d’Ubifrance, il multiplie les contacts et les interviews.
Mais il est rapidement confronté à une réalité : le marché de l’emploi local ne lui est pas grand ouvert. Les barrières, à commencer par celle du visa, sont nombreuses, les salaires proposés parfois trop bas pour envisager s’installer ,et son manque d’expérience dans la région une objection régulière.

Emilien reste optimiste. Il a été très favorablement impressionné par la qualité de l’accueil des expatriés,  qui lui ont souvent ouvert leur carnet d’adresse.  Il continue d’explorer la piste du VIE (Volontariat International Entreprise) et cible désormais de manière privilégiée les entreprises occidentales.

Avis aux entreprises qui souhaiteraient renforcer leurs équipes à Singapour et stimuler leur développement commercial, Emilien est encore dans la cité Etat pendant 1 mois et peut être contacté à l’adresse suivante : emilienhindre@hotmail.com .

 

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Brenda Reimers, photographe des sens

Artiste balinaise installée aux Pays bas, Brenda Reimers exposait ses oeuvres à l'occasion de la Singapore Art Fair du 9 au 11 Octobre. Photographe des sens, elle a créé pour son modèle des bijoux naturels et coiffes végétales, dont les ingrédients symbolisent les cuisines des différents pays.

Portraits éclaboussés de lumière sur fond noir, les photographies de Brenda Reimers sont comme une invite joyeuse aux voyages. De l'Argentine à la Chine, en passant par la Belgique et le Danemark, on se régale des créations fascétieuses de cette cuisinère-costumière-photographe, dont on apprécie autant l'inspiration que la maitrise technique.

► Voir toute la galerie de photos "culinary jewels": www.photoworks.nl

 

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Natalia Tsagris : « le VIA, un tremplin pour faire carrière dans la Culture ».

Aux littéraires qui rêvent de grands horizons, le parcours de Natalia Tsagris a de quoi mettre du baume au cœur. Après des études littéraires, elle s’est un instant demandé s’il était encore suffisant d’« avoir des lettres » pour trouver un métier. C’est pourtant en faisant ce qu’elle aime qu’elle a construit les premières étapes de sa carrière: d’Athènes à Singapour en passant par Paris, elle s’est en quelques années frayé un passage prometteur dans le monde de la Culture. Elle nous parle ici de son parcours, de son expérience à Singapour et de l’intérêt du VIA (Volontariat International Administration) pour ceux et celles qui veulent s’ouvrir à l’international en dehors du champs classique de l’entreprise.

Un détour par Athènes,puis l’Institut des Langues Orientales

Bonne élève, Natalia a fait après son Bac ce que font les forts en thèmes dans les matières littéraires : Hypokhâgne et Khâgne, puis une licence de Lettres à la Sorbonne. Avant de poursuivre, elle a décidé de faire un break et est partie un an en Grèce. « J’avais dans l’idée de m’inscrire à l’INALCO, dans un cursus mêlant la maîtrise d’une langue orientale aux Relations Internationales. J’avais envie d’approfondir le Grec, qui est la langue de mon père, et d’en acquérir une pratique courante » indique l’intéressée, qui profitera aussi de son séjour sur place pour réaliser un stage à l’Institut Français d’Athènes.

De retour à Paris, Natalia s’inscrit au Mastère Relations Internationales proposé par les Langues O. Une ruche multiculturelle, où Natalia côtoie d’autres étudiants spécialistes de langues orientales. Un programme très complet ouvrant aux impétrants des débouchés dans des environnements très variés: Administration, ONG, relations extérieures des Grandes Ecoles, organisations et organismes internationaux, ou entreprises.

Culture France à Paris

Pendant son mastère, Natalia réalise 2 stages au sein de Culturesfrance l’opérateur du Ministère des Affaires Etrangères pour assurer la promotion de la Culture Française à l’Etranger. Elle obtient dans la foulée un contrat de 8 mois dans le contexte de la saison culturelle européenne organisée à l’occasion de la présidence Française de l’Union Européenne.

Au programme, 27 auteurs dramatiques contemporains, chacun issu d’un des pays de l’Union, qui verront leur pièce de théâtre traduite, publiée et lue sur scène dans trois lieux en France: le festival d’Avignon, le théâtre de l’Odéon et le festival « la Mousson d’Eté » à Pont à Mousson. Natalia est chef de projet, elle a pour mission de coordonner l’ensemble des opérations en relation avec les auteurs, les éditeurs, les responsables du théâtre de l’odéon et du festival d’Avignon, partenaires du projet. Un vrai challenge pour une débutante, qui doit tout à la fois apprendre le monde de l’édition, identifier les acteurs politiques et culturels et leurs modes de fonctionnement, et faire avancer son projet en tenant compte des sensibilités de chacun.

« Démarrer d’emblée avec un projet de cette envergure était en effet impressionnant. J’étais là au bon moment : le projet démarrait et il fallait quelqu’un pour s’en occuper. Au final, les choses se sont passées assez naturellement. J’ai beaucoup appris et j’ai surtout eu l’opportunité d’évoluer dans un univers passionnant ».

Le Service culturel de l’ambassade de France à Singapour

Depuis le 1er Janvier 2009, Natalia travaille au service culturel de l’Ambassade de France à Singapour. Comment est–elle arrivée à Singapour? « Par hasard, dit-elle.Je n’étais pas particulièrement habitée d’une envie d’Asie ni même d’expatriation au sens large. J’avais déposé mon CV sur CIVIWEB, qui recense les opportunités de missions VIE-VIA. J’ai repéré un jour une offre de VIA, au sein du Service Culturel de l’Ambassade de France à Singapour. Le contenu correspondait à ce que j’avais envie de faire. J’ai adressé un dossier de candidature et j’ai eu la bonne surprise d’être retenue. »

Attachée linguistique et reportant à ce titre au Conseiller Culturel, Natalia Tsagris est chargée de tout ce qui touche directement ou indirectement à la promotion du Français et de son enseignement : enseignement du Français, Livre, Francophonie, formation des professeurs. Elle coordonne la mise en œuvre dans la région de séminaires accueillant des diplomates de l’ASEAN qui y trouvent l’occasion d’approfondir certaines thématiques générales en utilisant le français comme langue de travail. Elle est aussi impliquée dans l’organisation de la première édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse : « un événement unique et une grande première pour les organisateurs ; un cadre dans lequel le Français, langue olympique, occupe une place privilégiée et pour lequel il a fallu trouver des traducteurs et interprètes et des bénévoles pour accueillir les sportifs, les visiteurs et les délégations

Quel regard porte-t-elle sur cette expérience ? « l’avantage d’être à Singapour, c’est qu’on vous y confie des missions en toute autonomie, dont on ne vous aurait proposé que des parties dans des pays plus grands. Singapour est aussi un terrain d’expérimentation passionnant. Il y a, à Singapour, 14000 personnes qui apprennent le Français. On constate que la France continue d’exercer un fort attrait sur le plan culturel et la demande de Singapour dans ce domaine est forte. Ce que je trouve personnellement passionnant c’est d’observer comment un pays, qui a réussi d’abord sur le terrain économique, est capable de mobiliser ses compétences et ressources au service d’une ambition qui est aujourd’hui culturelle. Le développement de la Culture est un enjeu important pour Singapour. Il s’est traduit par l’investissement dans des infrastructures remarquables. Il se concrétise par la floraison de festivals et l’invitation de nombreux artistes. On sent bien que ce développement prendra du temps pour véritablement s’enraciner et se densifier, mais on ne peut être que fasciné par la vision et la formidable énergie mise en œuvre ».

Regards sur le VIA

Natalia considère que la formule du VIA, Volontariat International Administration est une vraie opportunité et une excellente alternative au VIE ( Volontariat International Entreprise) pour ceux et celles qui comme elle sont intéressés par des carrières ou des expériences en dehors du champ classique de l’entreprise. L’Ambassade de France accueille actuellement 7 VIA, au sein du service culturel et scientifique et la mission économique. Dans d’autres pays, des VIA sont régulièrement recrutés pour le lancement et l’animation d’alliances françaises. Chaque fois, faire un VIA est non seulement l’opportunité de partir à l’Etranger mais aussi de se voir confier des missions dans un environnement – l’Administration - qu’il est extrêmement intéressant de découvrir de l’intérieur. Le contrat de Natalia est de 2 ans : le temps d’acquérir une expérience sérieuse dans un contexte qui est souvent plus ouvert qu’en France; le temps aussi de découvrir de l’intérieur la culture du pays et de vivre une expérience à l’étranger à maints égards passionnante.

Au terme de son séjour à Singapour, Natalia ne sait pas encore ce qu’elle fera. Probablement rentrera-t-elle en France pour consolider son expérience et ancrer son parcours dans la métropole. Elle y recherchera un emploi qui restera en relation avec l’International. Peut-être repartira-t-elle ensuite à l’Etranger. Dans tous les cas, le passage à Singapour restera une expérience déterminante et particulièrement stimulante.

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Une cave dans votre valise: cavissima!

On croyait la constitution d’une cave réservée à une élite d’amateurs éclairés, suffisamment chanceux pour posséder une cave, assez sédentaires pour rester vivre à coté. Avec le concept de cave en ligne, Cavissima réinvente notre relation au vin et met désormais ce projet à portée d’un click. Une grande nouvelle pour les expatriés qui y verront la possibilité de conserver les vins qu’ils possédaient avant de partir, de profiter du séjour à l’étranger pour faire croître et embellir leur cave à distance, de trouver enfin à leur retour, une cave bien remplie, cadeau de retour bienvenu quand s’achève l’expatriation.Entretien avec Thierry Godet, créateur de Cavissima, qui nous présente ce nouveau concept et nous parle de son parcours d’entrepreneur.

 

 

 

Comment fonctionne Cavissima ?

Cavissima est un site internet qui permet de se constituer une cave à distance. Le principe est simple: les personnes créent une cave en ligne. Elles prédéterminent le budget mensuel qu’elles veulent consacrer à cette activité. Nous les aidons à choisir les vins qui correspondent à leur goût et à leur projet. Nous conservons ces vins dans nos caves. Les personnes peuvent ensuite en jouir quand elles le souhaitent.

 

A qui cette cave en ligne est-elle destinée ?

A tous. J’ai constaté que beaucoup de personnes aiment le concept de cave, mais ne savent pas nécessairement par où commencer. Avec Cavissima, elles peuvent bénéficier d’un très large choix de vins français et surtout s’appuyer sur les conseils de John Euvrard, l’un des tout meilleurs sommeliers de France. Par ailleurs, il y a aussi tous ceux et celles qui, amoureux du vin, ne peuvent le stocker chez eux. A travers le site, ils peuvent désormais avoir une cave, certes virtuelle, mais qu’ils peuvent visiter quand ils le souhaitent, où ils peuvent inviter leurs amis, et bien sûr où ils peuvent prendre des bouteilles, cette fois bien réelles, et prendre du plaisir en les dégustant.

Vous avez, semble-t-il, particulièrement pensé aux expatriés.

En effet. J’ai vécu moi-même à plusieurs reprises en expatriation, à Prague, à New York et plus récemment à Singapour. J’ai beaucoup pensé aux expatriés en développant Cavissima. Lorsqu’on part à l’étranger et qu’on est amené à déménager régulièrement, il est difficile d’emporter ses vins et encore plus compliqué de se construire une cave. C’est assez frustrant. D’autant plus que les périodes d’expatriation peuvent être longues.L’idée, avec Cavissima est que vous pouvez utiliser le temps du séjour à l’étranger pour vous constituer tranquillement une cave qui sera comme un cadeau qui vous attend à votre retour.

Quel accueil recevez-vous à la fois des particuliers et des gens de la profession ?

Nous avons à ce stade des retours très intéressants. Le site est encore récent, puisqu’il a été mis en ligne en Janvier dernier. Déjà, de très nombreuses personnes ont été séduites, en France comme à l’étranger, et ont ouvert leur cave en ligne. Chez les professionnels, nous avons reçu un excellent accueil, car les intéressés ont perçu que notre démarche était conduite par la passion du vin et le désir de promouvoir les terroirs et le métier de vigneron. Ceux qui travaillent la vigne et le vin, le font souvent avec passion et le désir d’élever des vins qui procureront du plaisir à ceux qui les boiront. Nous sommes mûs par le même désir : faire en sorte que les gens aient du plaisir à déguster des vins de qualité.

Lorsqu’on découvre le site Cavissima on est impressionné par le coté ludique et pédagogique. C’est une intention voulue ?

Merci pour cette remarque. En effet, notre intention était de faire un site agréable dont la visite soit elle-même un moment de plaisir. C’est pourquoi nous avons mis l’accent sur le graphisme : pour que les personnes aient vraiment une impression visuelle de leur cave, qu’ils puissent sortir les bouteilles et regarder les étiquettes. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur la présentation des vins. Pour celui ou celle qui veut mieux connaître les vins, le site offre vraiment la possibilité de se familiariser avec les terroirs, les cépages, les procédés de vinification et les millésimes. Dans ce sens, notre approche est aussi pédagogique. Nous apportons aussi énormément de soin à la sélection des vins que nous présentons. La collaboration de John Euvrard est à ce titre essentielle, qui partage ainsi sa passion et son expérience, fait des commentaires et des suggestions très utiles pour guider les choix. Enfin, nous pensons que le plaisir du vin est quelque chose que l’on aime partager, au moment de la dégustation mais aussi au travers des échanges variés que l’on peut avoir autour du vin. Sur Cavissima, les propriétaires de caves peuvent la faire visiter à leurs amis. Le site est d’ailleurs un peu conçu comme un réseau social autour du vin. Cette dimension est encore renforcée depuis que le site est interfacé avec Facebook. Désormais vous pouvez inviter vos amis sur Facebook. Vos amis peuvent créer leur propre cave, vous faire gagner des bouteilles ou vous en offrir.

Vous avez lancé le site Cavissima au retour d’une expatriation. Comment cela s’est-il passé ?

En effet, j’ai eu au retour de ma dernière expatriation l’envie de faire autre chose, de « créer » quelque chose et de voler de mes propres ailes. En faisant le tour de mes motivations, j’ai réalisé que ce que j’aimais, c’étaient le vin, les voyages, l’étranger. Mon expérience d’expatrié m’avait montré qu’il y avait un besoin dans ce domaine du vin. J’ai creusé l’idée pour tenter de trouver la meilleure façon de le satisfaire.

En quoi le fait d’avoir été expatrié a t-il favorisé votre parcours d’entrepreneur ?

L’idée elle-même est liée à cette expérience de l’étranger. Au delà, je pense que l’expatriation est une formidable école pour apprendre l’autonomie et la passion d’entreprendre. Cela m’a sans doute aidé à franchir le pas, passant de la grande entreprise à l’aventure de la création.

Précisément, quel retour d’expérience faites-vous sur cette aventure de la création?

J’ai beaucoup bénéficié des structures de support à la création qui existent en France et en particulier du Réseau Entreprendre, très dynamique dans la région lyonnaise. Ce réseau, créé à l’initiative de la famille Mulliez pour aider les jeunes entreprises à devenir in-fine créatrice d’emplois, s’est révélé extrêmement précieux. J’ai aussi fait entrer dans le capital des partenaires qui ne sont pas des actionnaires dormants mais qui font vraiment bénéficier Cavissima de leur expérience.

Ce nouveau métier est passionnant mais aussi très exigeant. Il y a beaucoup de processus à mettre en place, à valider et à développer. Aujourd’hui, je crois pouvoir dire que les fondamentaux sont en place et de très bon niveau: un sommelier de renom, une excellente base logistique, un très bon outil internet. Nous avons apparemment fait les bons choix. Nous y avons beaucoup travaillé mais cela permet de regarder l’avenir avec sérénité. Mon travail est actuellement dominé par les aspects commerciaux et marketing. J’étais récemment à Shanghai pour une dégustation de vin en compagnie de mon partenaire local. Nous avons l’ambition de généraliser cette démarche et je devrais dans l’avenir aller régulièrement, en dehors de la France, à la rencontre des expatriés. C’est plutôt une perspective agréable, partager autour de produits de grande qualité et donner aux personnes présentes la possibilité de prolonger ce plaisir avec Cavissima.

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